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Le dernier paradis sauvage de l’Europe

Quel bonheur d’être aux Açores ! Et pas seulement parce qu’on est enchantés de r’trouver le plancher des vaches après deux semaines de mer… mais surtout parce que ces îles sont d’une grande beauté !
Perdu et finalement minuscule dans l’océan atlantique, cet archipel se compose de neuf îles volcaniques divisées en trois groupes de par leurs positions géographiques. Dans le groupe de l’ouest, se trouve la toute petite île de Corvo ainsi que sa grande sœur Flores sur laquelle nous venons tout juste de débarquer.
Point le plus occidental de l’Europe, cette île est un véritable régal pour les yeux ! Nous ne pouvons que nous réjouir de découvrir maintenant des paysages natures et bruts après les plages, certes jolies mais parfois monotones des Caraïbes. Comme un petit air madérien ; notre premier coup de cœur du voyage… De douces collines cultivées côtoient des falaises abruptes qui plongent dans l’immensité de l’océan. Le sol étant très riche, le climat plutôt chaud et humide, nous découvrons ici une véritable palette de verts qui se marie parfaitement avec le gris de la roche et le rouge brun de la terre…
Les cascades sont nombreuses et se terminent en rivières où parfois on peut trouver quelques vestiges de moulins à eau. Les villages, jamais très grands, nichent dans de profondes vallées et semblent plongées dans une douce quiétude.
Plus haut, des cratères de volcans endormis forment des lacs aux couleurs variées.
Et évidement partout des fleurs sur Flores ! Principalement des hortensias sauvages qui longent les routes en formant de véritables haies, recouvrent les murets et délimitent aussi chaque parcelle cultivée. Mais aussi des lys rouges et jaunes, des azalées, des arums…
Bref, on en prend plein les mirettes et cela nous rappelle qu’il n’est pas vraiment nécessaire de traverser un océan pour voir des paysages somptueux. Pourvu que ça dure ! Depuis 2009, Flores et Corvo ont été intégrées à la liste des réserves de biosphère mondiale par l’UNESCO.
Sinon il fait frais, il fait bon. On redécouvre le brouillard ainsi que le crachin et la température de l’air nous vivifie après notre neurasthénie tropicale. Oui, c’était sympa les Antilles mais on est bien contents de tourner la page et de changer d’environnement.

La petite marina de Lajes est tranquille, tout confort, et pas chère (12 euros !) bien que terriblement inconfortable par houle de nord-est. D’ailleurs, à peine arrivés, nous passerons plusieurs jours à entendre nos amarres et nos pare-battages gémir à cause d’un important ressac dans la marina… Tiago, le responsable super gentil, nous conseillait même de fuir nous abriter au mouillage de Faja Grande de l’autre côté de l’île ! Heureusement la houle n’a pas duré et le calme est revenu…
Et même si le ravitaillement est relativement limité à Flores, quel plaisir aussi de retrouver de la bonne bouffe à un prix plus que correct.
Maintenant place aux photos ! (et encore plus dans cet album… enfin euh quand j’l’aurai fini) :)

Paysage typique de Flores, des champs et des hortensias

Côte nord-est

De nombreux points de vue aménagés. Vue sur Fajazinha en contre-bas

Maisonnettes à Lajes

Lagoa comprida

Lagoa negra (qui porte bien mal son nom) et lagoa comprida

Hortensia toujours (importé du Japon)

Côte nord-ouest, Ponta Ruiva

L’église de Santa Cruz (la capitale de l’île)

Partout des lapinous !

Flores, une île qu’on peut facilement qualifier de bien verte ! Et pourtant…

Magnifique forêt de cèdres rouges du Japon…
Rando le long d’une rivière vers Fazenda

Round 2 : Des Bermudes aux Açores !

Jeudi 5 juin, midi, en direct des Bermudes, c’est l’heure du grand départ !
Depuis ce matin, ça se bouscule sévère devant le ponton gasoil et le ponton formalités de Saint Georges ! Alors comme tout le monde, nous patientons en attendant notre tour. La fenêtre météo est bien là et nous comptons pas moins d’une douzaine de bateaux partant aujourd’hui vers d’autres horizons ! Certains rejoignent les États-Unis, mais la plupart se destineront tout comme nous à un périple d’une quinzaine de jours pour rejoindre les Açores. Nous sommes finalement quatre voiliers à quitter les Bermudes à peu près dans le même temps.
Dès la sortie du lagon, nous jubilons ! La mer est d’une platitude pour ainsi dire parfaite et pendant les deux premiers jours, un vent de sud nous pousse à bonne allure au travers petit largue. Le ciel est bleu et nous savourons pleinement chaque rayon du soleil. Ces deux journées sont tout simplement magnifiques… et les conditions idéales pour nous amariner en douceur. A peine quatre heures après le départ, nous ne voyons plus personne à l’horizon. Chaque bateau a opté pour une route et une tactique différentes et tous sont maintenant hors de vue… Certains sont partis au nord, d’autres au sud, quant à nous, nous collons pour l’instant sans difficultés à la route directe…

« Le premier arrivé attend l’autre ! »

Lumière du soir

Mais comme toutes les bonnes choses ont (soi-disant) une fin, notre deuxième nuit en mer sera agitée et marquera le début des hostilités. Le vent forcit, vire au sud-sud-ouest et la mer grossit rapidement. Les grains se succèdent et nous envoient d’odieuses rafales. Nous réduisons progressivement la voilure pour nous retrouver avec 3 ris GV et un mini bout de génois devant…
Troisième jour, vent 3 à 4 sud-sud-ouest virant sud-ouest. Nous voilà maintenant au portant puisque la première dépression approche.
Aujourd’hui, le temps est maussade et le ciel couvert. Le plafond nuageux est très bas et l’air super humide. Il a même plut pendant presque 2h.

Temps chagrin

L’après-midi, la météo s’est bien améliorée. Le soleil réapparu, nous avons pu mettre toutes nos affaires à sécher. Les mêmes que nous remettrons dès la tombée de la nuit. Arf, la vieille veste de quart de JR n’est plus étanche, peut-être du fait de son âge, sûrement aussi à cause de cette déchirure toute fraîche au niveau du coude…
Les physalis (grosses méduses pas sympa) remplacent peu à peu les sargasses. Je n’ai pas encore mis de lignes de traîne à l’eau, il nous reste pas mal de viande à manger. On verra ça un peu plus tard.
A la tombée de la nuit, distraction, nous avons aperçu un drôle d’aileron, peut-être un cachalot à 200 m du bateau. Repéré grâce à son souffle…
Le lendemain, le baromètre est encore en train de descendre, signe que la dépression arrive de l’ouest et se rapproche de nous. Michel nous fait prendre une route plus au sud, sensée être plus cool que la route initiale. Le vent est à présent au sud-ouest force 4 à 5.
La nuit sera particulièrement mauvaise. Trop ventée et bien trop houleuse ! A la place du 17-24 nœuds annoncés, on a pris 30 à 35 heureusement à 120°. On a commencé la nuit avec 3 ris GV + petit bout de génois mais on se trouvait encore trop toilé. Puis on a testé GV seule mais le pilote travaillait trop. Finalement, le reste s’est fait sous mini bout de génois. Le bateau était alors beaucoup plus léger pour une vitesse similaire. Seul hic, cette configuration de voile entraînait un sifflement dans le mat. Ça n’a pas arrêté, ambiance assez flippante du coup, car même mélodie qu’un jour de tempête dans un port de plaisance…

Lundi, cinquième jour, on devait encore bénéficier du vent de la dépression. 18-25 mollissant 15-20 annoncés pour la journée. Manque de bol, il semble qu’elle soit passée plus rapidement que prévu. Du coup, on se retrouve avec 6 à 8 nœuds portants ; autrement dit rien de bien suffisant pour avancer correctement à la voile. La houle levée depuis la veille est au contraire toujours bien présente. Nous avons plus de 2m, très courte et à moitié croisée, qui déstabilise sans cesse le bateau. Cette situation est inconfortable, vite qu’elle s’apaise !
On a tiré des bords comme on a pu puis à bout de nerfs, c’est au moteur que nous avons progressé sous d’énormes grains pluvieux. Murphy était de la partie, puisque nous avons eu un cargo dans notre périmètre de sécurité au moment où la visibilité était la plus médiocre.
Fin de journée, changement de décor ! Renaissance est à présent calé au près avec 5 à 9 nœuds de nord-nord-est. La houle indélicate s’est transformée en de grandes ondulations, beaucoup plus agréables. Petite vitesse mais quel bonheur ! Confort et calme à bord, on digère le mauvais temps de la veille…

Pratiquement comme chaque jour depuis le départ, les dauphins viennent nous saluer

Hop !

Ah ça y est, bonne nouvelle, nous avons fait le tiers du chemin ! Du coup, on peut également avancer nos horloges d’une heure… Il y a un décalage de 3h entre les Bermudes et les Açores.
Le lendemain, nous avons un petit temps de nord, nord-nord-ouest force 2 à 3. Tout va bien.
Nous sommes au près bon plein et on s’applique à rattraper la route initiale en lofant quand le vent descend trop. Parfois, la houle dévente un peu les voiles mais Renaissance continue son bonhomme de chemin…
Le baromètre remonte, bientôt la pétole !

Ciel du moment

Une semaine tout juste après notre départ des Bermudes, c’est la calmasse. Nous sommes au moteur et traversons actuellement un anticyclone. On se traîne. Nous avons un courant dans le nez et notre vitesse s’en ressent. Au même régime, nous avons perdu 1,5 nœud par rapport à ce matin.
Sinon, on a pêché un poisson marron, pas très gros et qu’on n’a pas su identifié. On a eu pitié et le pauvre est reparti à la mer…
Quatrième cargo croisé cet après-midi, y’a pas foule dans le secteur…
Après 18h de moteur, le vent est revenu. Ce coup-ci d’ouest-nord-ouest…

Jeudi 12 juin, nous voilà de nouveau sous voiles, au travers, sous un ciel à pleurer avec un courant qui nous ralentit toujours énormément. C’est désespérant de se traîner à 3,5 – 4,5 nœuds au mieux ! quand on a du 15-25 au travers petit largue ! Après consultation des Pilot Chart US, il semblerait qu’on l’ait dans le pif encore pour un moment… Ca fait des espèces de boucles sur notre route. Le bon courant ; celui qui porte à l’est se trouve en fait un peu plus au nord.
Après la pétole d’hier, une seconde dépression est maintenant juste au dessus de nous. Le vent monte peu à peu et vire au nord-ouest. Le ciel est complètement bouché et nous slalomons entre des grains intenses. Nous prenons 1, puis 2, puis 3 ris dans la grand-voile. Une grosse houle de nord nous arrive maintenant de travers. C’est une navigation pourrie. Avec c’est la chute du moral du bord. Il fait froid et la mer est aussi grise que le ciel… J’aime pas ce décor, je trouve ça triste, ça me déprime quoi ! J’aimerais rester sous la couette, la tête sous l’oreiller…

Ciel chargé !

Bon tout n’est pas noir, nous venons tout de même de faire la moitié de la route. Nous sommes donc en plein milieu de l’océan à plus de 1000 km de la terre la plus proche : Saint Pierre et Miquelon ! Rien que ça ! Initialement, je voulais écrire un petit mot sur le blog pour vous annoncer la chose et pour vous donner quelques nouvelles mais impossible, nous sommes trop ballottés ! On voulait aussi se faire un petit dîner amélioré pour fêter l’événement. Tu parles, ce soir, ça sera une fabuleuse boîte… de raviolis, mouai. Par contre, pas l’ombre d’un mal de mer, nous sommes bien amarinés !
Aujourd’hui également, un porte-conteneurs a eu la délicatesse de nous contacter avant de virer pour nous passer au cul. Nous étions bel et bien en route de collision et ce, en plein milieu de l’atlantique !

Dans la houle, un coup j’t’vois, et un coup j’t’vois plus !

Nous avons passé une nuit très mauvaise, à grains, trop froide, houleuse, crevante et presque blanche. Evidemment la bouteille de gaz nous a lâché à ce moment là, JR a du plonger dans le coffre pour la remplacer et nous permettre de nous réchauffer quelque peu en buvant un truc bien chaud. Les journées ne se ressemblant pas, demain ne pourra être qu’un jour meilleur…

Vendredi 13, bonne ou mauvaise augure ? Nous entamons notre neuvième jour de mer et nous avons parcouru  milles. On se rapproche des Açores doucement mais sûrement.
Les grains matinaux ont cédé la place à un soleil radieux, bien apprécié parce que ce vent de nord-ouest est gelé ! Ce dernier est un peu relou, changeant, avec de bonnes rafales sous un ciel dégagé. Renaissance doit également composer avec plus de 2m de houle qui semble peu à peu s’ordonner et devenir de plus en plus longue. C’est une très bonne chose.
Aujourd’hui, le moral est bof. Nous accusons un peu de fatigue je crois… Et notre contre-courant est toujours là, on peine à atteindre les cinq nœuds de vitesse alors que le vent est correct.
Après un dîner dégueu froid préparé à l’arrache par le capitaine, la nuit arrive. Fraîche mais calme et sous pleine lune…
La routine s’installe. Je prends le quart de 21h30-22h à 1h, JR enchaînera jusqu’à 5 ou 6h. Ensuite, je profiterai de l’aube en dégustant mon café devant le lever du soleil tout en croisant les doigts pour que la journée qui s’annonce soit belle et sympathique… JR redormira ensuite dans la matinée, moi, en fin d’après-midi.
Ah ah notre Yoda découvre le froid ! Elle a élu domicile sur la banquette et dort toute pelotonnée contre nous. Petite bouillotte bien appréciée même si elle a tendance à prendre toute la place ! :)

Et ça pionce toute la journée !

Le lendemain, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou presque ! La nuit a été bonne, donc le sommeil réparateur ! Au réveil, j’observe que la mer est moins forte et le ciel moins chargé que d’habitude, cela me ravit !
Renaissance file avec 10 à 15 nœuds de nord-ouest au près bon plein, c’est cool et tranquillou. Jean-Rémy dort, Yoyo aussi !
Le baro est en train de grimper ; nous allons nous faire rattraper par un deuxième anticyclone, avant la prochaine dépression. Le courant contraire a disparu. Mes tartines de pain grillé au petit déj étaient délicieuses. Bref, avec tout ça, je suis de bonne humeur !
Pendant l’après-midi, la houle augmente et des petites vaguelettes traîtresses salopent notre confort à bord ! On a quand même réussi à se doucher. Ce fut l’exploit de la journée, pas si facile les deux mains cramponnées aux mains courantes de la salle de bain… :)
Une grosse bande de dauphins arrivent tout d’un coup autour de nous. Ils sont impressionnants de vitesse et de puissance ! Après avoir fait quelques cabrioles dans les vagues derrière, ils  rejoignent à fond la proue du bateau pour nous ouvrir la route à tour de rôle. Merveilleux spectacle que voilà…

Une maman et son petit

Olé !

La nuit sera quelconque, un peu ventée mais réconfort ; on avance drôlement bien. Le courant se serait il enfin ranger de notre coté ?

Début laborieux pour cette onzième journée de mer. Le vent mollit de plus en plus, les voiles claquent… On connaît la rengaine ! La pétole s’installe peu à peu et elle va peut-être nous suivre un jour ou deux. Nous calculons que nous avons encore 250L de gasoil à bord, soit environ 415 milles de moteur alors qu’il ne nous reste plus que 640 milles à faire pour rejoindre les Açores. De ce côté là, pas de soucis donc. Seul le démarreur nous inquiète un peu, il fait de plus en plus de bruit à chaque fois qu’on a besoin de lui…

Y’a des matins, pour rien au monde je ne laisserais ma place…

Après 22h de moteur, le vent revient tout doucement ! Cette fois-ci, nous touchons du sud-sud-ouest et nous sommes au près bon plein. Pas grand-chose à raconter, il fait beau, la mer est belle et Renaissance continue sur sa route ! Encore quelques jours et bientôt le repos gentil bateau !

La mer est calme, balade sur le pont autorisée !

On a testé le brownies au chocolat tout préparé à l’avance, le truc en poudre et en boîte acheté à Nassau. Je m’en faisais un régal, ce fut une déception, pire encore ! J’aurai du en faire un vrai. Du coup, pour compenser, bah j’ai fait des bonnes crêpes bien beurrées donc bien grasses. Faut dire que ce sera notre toute première traversée sans perdre un kilo ! Durant toute cette navigation, on n’a pas arrêté de grignoter !

Gros trafic durant la nuit ! Nous avons croisé trois cargos coup sur coup dont un gros connard qui ne nous répondait pas à la VHF malgré nos appels et qui est passé à 0,5 milles de nous ! On a du virer pour l’éviter…

Le lendemain, le vent passe à l’ouest-sud-ouest et monte un peu. Nous sommes au grand largue puis finissons par tangonner le génois pour nous mettre en ciseaux. Notre vitesse évolue entre 5 et 7 nœuds et sur le bon cap s’il vous plait ! L’arrivée n’est plus très loin maintenant, plus que 220 milles à faire… Ce qui devrait nous faire arriver demain soir si on la joue finement !
Les Açores se rapprochent. Les dauphins viennent nous faire la fête maintenant plusieurs fois par jours et les oiseaux de mer sont de plus en plus nombreux. Des sternes, des puffins, des pétrels… Aussi nous venons de passer à même pas deux mètres d’une grosse bestiole marine ! Nous pensons encore à un cachalot, sans certitude… Nous l’avons aperçu au dernier moment, juste à côté du cockpit dans le reflet d’une vague. Plus tard également, j’aperçois un autre gros cétacé qui souffle et qui nage à la surface, cette fois-ci plus loin sur l’horizon…

 On a bien failli lui passer dessus ! Ça ressemble à ça !

Quatorzième et… dernière journée de mer !
Bouhh quelles sont longues ces dernières heures, on a hâte de retrouver la terre ferme ! Le vent est un peu tombé. Du coup, nous sommes sous voiles mais avec le moteur en complément pour arriver sur Flores avant la nuit. A bord, on dort ou on s’occupe mais surtout on trépigne carrément d’impatience ! Régulièrement, nous guettons l’horizon pour voir si un bout de terre est apparu sur l’horizon. Mais ce ne sera qu’à 20 milles de l’arrivée et sous une grosse masse de nuages qu’enfin la douce île de Flores se dévoilera pour notre plus grand plaisir.

Arrivée sur Flores…

A première vue, c’est beau, c’est haut, c’est vert et très découpé avec des falaises qui tombent à pic dans l’océan ! Hum, je sens déjà la superbe escale…
Vers les 18h, Renaissance pénétrait avec précaution dans la toute petite marina de Lajes et s’amarrait joyeusement sur le premier ponton venu ! Terminus tout le monde descend !

Ça y est, c’est fait ! On l’a fait ! On y est ! Tadaaaaa, nous sommes aux Açores ! :)

Une fois le bateau bien en place, nous nous précipitons à terre pour un petit tour rapide du village trop heureux de pouvoir enfin nous dégourdir les jambes après ces deux semaines passées en mer !

En bref :

1700 milles des Bermudes à Flores en 14 jours et demi. On en a fait 100 réels de plus. Soit une moyenne grosso modo de 5 nœuds ! Une performance qui nous satisfait même si nous étions régulièrement sous-toilés toujours pour économiser le bateau… En même temps, nous avons eu de bonnes conditions météo sur l’ensemble de la traversée. Pas de vent dans le nez, pas de près serré, pas de longues périodes sans vent, pas de grosse dépression non plus, pas d’orages ou si peu…
Le vent n’a jamais dépassé les 35 nœuds !
Une soixantaine d’heures de moteur avec trois périodes de pétole et nous manquions également d’énergie durant les journées nuageuses…
Soucis techniques : pas grand chose !
4 rivets du tangon pétés suite à notre accostage pas délicat au ponton formalités lors du départ (avec le tangon rangé à l’extérieur des filières…) Réparé le premier jour !
Une visse de l’éolienne a sauté sur JR…
Le démarreur qui marche toujours mais, à regarder…

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • https://voyage-de-renaissance fr/bermudes/round-2-des-bermudes-aux-acores/
  • bermudes acores voilier

Quelques lignes…

… pour vous donner des nouvelles du bord ! Voilà 10 jours que nous sommes en mer et nous avons déjà parcouru plus de 1000 milles. Demain, les deux tiers de la route seront derrière nous. On se pronostique donc une arrivée sur les Açores dans cinq à six jours maintenant enfin, si la météo le veut bien !
Au niveau navigation, c’est très changeant avec des jours plus ou moins appréciables mais heureusement, il y a plus de bons que de mauvais ! On commence à souffrir de la fraîcheur ambiante aussi ! Le contre courant qui nous embêtait ces derniers jours semble avoir disparu et les moyennes journalières devraient remonter un peu.
Aujourd’hui, c’est grand soleil, vent de nord-nord-ouest et il y a 10 minutes, c’est une trentaine de dauphins torpilles qui nous faisaient le spectacle ! Voilà ! Sinon, nous nous portons bien malgré la fatigue qui s’accumule et notre Yoda s’ennuie un peu. Nous avons hâte d’arriver ! On vous embrasse ! ;)

Et merci à tous pour vos messages !

Transat retour 1 : Des Bahamas aux Bermudes

C’est le grand saut ! Mercredi 21 mai, nous levons l’ancre vers 9h et amarrons le bateau au fuel dock pour un tout dernier plein d’eau et de gasoil avant d’appareiller pour les Bermudes. Maintenant, c’est parti pour 815 milles très exactement ! (En fait, faut que je vérifie mdrr)
Le temps est radieux, Renaissance s’élance sur une mer plate et sous un ciel ensoleillé. Nous hissons la grand-voile avec un ris et le foc en prévision de cette journée au près serré. Tout est calme et tranquille.
Dans l’après-midi, les conditions évoluent. Le vent grimpe à 20-25 sous d’énormes lignes de grains. Première avarie : le point d’écoute du foc ; l’anneau en inox se pète en deux alors qu’une rafale plus grosse que les autres nous bouscule. Merde ! Nous nous grouillons d’affaler et de rétablir un bout de génois à l’avant. Et voilà une voile de moins ! Notre humeur en prend un coup, d’autant plus que nous tirons des bords désastreux. Les grains nous amènent du vent complètement farfelu avec lequel nous peinons à remonter… Six heures après notre départ, nous sommes attention à…10 milles au vent de Nassau ! La loose ! A ce rythme là, on n’est pas rendu ! Et maintenant, voilà pas le capitaine qui en plus en rajoute une couche, qui râle à qui peut bien l’entendre (euh bah moi en l’occurrence), que rien ne va, qu’on n’arrivera pas à sortir des Bahamas, que c’est tout pourri, qu’il y a des grains partout, qu’on avance pas, blablabla… A ce moment là, une petite envie de l’assommer avec la manivelle de winch m’a légèrement chatouillé hum… Je le sais bien que c’est seulement le premier jour de la traversée mais pas la peine de se répéter tous nos malheurs en boucle oh !
En fin de journée, le vent devait prendre plus d’est mais évidemment il n’adonne pas comme prévu. Nous perdons peu à peu patience entre ces grains maintenant sans vent qui nous encalminent et ces nombreux paquebots qui nous empêchent de virer au moment où on le voudrait. Dans la nuit enfin, nous quittons le chenal entre Eleuthera et Great Abaco. Au revoir les Bahamas. JR me dit de ne pas leur dire adieu, que cela nous porterait la poisse… Au petit matin, tout va mieux même si nous faisons du 25° au lieu des 60° en tout droit sur les Bermudes… Qu’importe, on avance et à peu près dans le bon sens en plus !
Comme les prévisions météo l’indiquaient, le lendemain, une zone sans vent nous bloque la route et ce, pendant une journée. Nous mettons donc le moteur en marche car nous souhaitons choper le vent de sud-ouest prévu un peu plus haut à partir de demain. Début de journée très désagréable, le bateau tape dans les creux mais fort heureusement cela ne dure pas. La houle s’estompera peu à peu pour nous permettre ensuite de filer sur une mer archi plate et presque d’huile.

Tiens, Yoda est réapparue aujourd’hui après avoir passé sa première journée de mer à comater sur la banquette du carré. Là, elle est en train de se frotter et de lécher les chaussettes puantes de JR ! Pouaah la pauvre, elle ignore sûrement à quel risque elle s’expose…
Ok la brise diesel c’est chiant, c’est bruyant et ça réchauffe le cœur du bateau… mais au moins, cela a le mérite de nous faire avancer tout droit vers notre destination tout en nous calant à 5 nœuds. Nous croisons deux cargos ainsi qu’un voilier faisant route inverse.

C’est drôlement beau, non ? J’aime…

Troisième jour et nous touchons maintenant la queue d’une dépression qui nous amène du vent de sud-ouest. Malheureusement, après notre première journée « galère », nous avons pris du retard et sommes un peu trop au sud de la zone. Du coup, le vent est assez faiblard pour pousser notre coque. Dilemme : avancer encore au moteur vers le nord pour trouver du vent plus fort, ou se contenter de ces petits 10-12 nœuds de vent portant ? Et bien comme nos réserves de gasoil sont comptées, nous nous mettons sous voiles et décidons de faire avec ce qu’Eole veut bien nous donner. Nous tentons alors de nous mettre en ciseau, mauvaise idée. Il y a un peu de houle, les voiles claquent, cela nous stresse et nous craignons une nouvelle déchirure. Et le gréement qui trinque… Bref, après avoir essayé pleins de configurations possibles, nous finissons par faire route juste avec un bout de génois tangonné. Notre vitesse n’est pas folichonne, entre 2,5 et 4 nœuds au mieux, mais nous avançons, tout en roulant d’un bord à l’autre…

Les copains sont de la partie !

Durant la nuit et le lendemain, le vent monte très légèrement mais cela nous permet enfin de renvoyer de la toile. Nous sommes maintenant en ciseau et progressons un peu mieux avec un bateau un peu plus appuyé donc plus confortable.
Pendant ces deux derniers jours, le ciel est resté incroyablement vide et bleu ! Aucuns nuages sur tout l’horizon, c’est une chose rare qu’on ne voit pas si souvent dans le secteur. Par contre, ce soir, à bâbord, nous pouvons observer au loin, une masse blanchâtre, pas très nette, assez diffuse, qui semble tout doucement se rapprocher de nous…

Pas un pet nuageux, photo de la veille… (Tiens ! Une empreinte de doigt sur l’objectif ! :)

A la nuit tombée, c’est carrément le gros flip’ ! Ce ne sont pas de simples nuages qui se sont rapprochés ; mais ils forment en fait une énorme barre orageuse qui couvre toute la moitié ouest de notre horizon. Celle-ci est particulièrement active et des dizaines d’éclairs apparaissent chaque seconde. Des jaunes, des blancs, des espèces de boules rouges qui semblent exploser… Jamais nous n’avons vu un tel spectacle. Nous aurions été à terre ou au moins au port, on se serait sûrement dit wahou, qu’il est beau ce feu d’artifice naturel. Mais là, en pleine mer, on n’en mène pas large ! Et surtout que ça continue de se déplacer vers nos tronches… En fait, depuis Cuba, on parle d’orages et de trombes marines. Alors possible que ce coin soit particulièrement concerné par ce genre de phénomènes, je n’sais pas. Sans être trop paranos, nous faisons attention « aux signes » qui nous entourent et à vrai dire, en ce moment le sujet de la foudre revient régulièrement. Lecture de blogs qui en parlent sans avoir cherché ce thème, rencontre avec un bateau qui s’est pris la foudre, un autre Westerly Sealord qui vient également d’avoir quelques soucis, etc… Bref, on est tout stressé parce que même en fuyant à l’est, on va devoir y passer sous cette barre orageuse. On chope iridium, gps portable et vhf qu’on colle dans la cocotte, et l’ordi dans le four ! Des fois que ces pseudo cages de Faraday de radio ponton fonctionnent… Avant que les orages ne soient trop près, JR va enlever le tangon, on affale tout et on rentre se cacher à l’intérieur du bateau en faisant route au moteur. J’entends le tonnerre qui gronde. L’attente est lourde, on a l’impression d’aller à la potence. On croise les doigts parce qu’en gros, si la foudre tombe sur le mat, elle traverse comme elle peut, et ressort en entraînant très souvent une voie d’eau par éclatement du polyester ou en faisant fondre les passe-coques. Rajouté à ça, un incendie électrique et une perte de tout l’électronique du bord… Ouai, ça fait rêver hein !?
Pendant plusieurs heures, le bateau est illuminé par les éclairs qui ne doivent pas nous passer très loin, puis enfin, plus rien. Nous ressortons de notre cachette et reprenons notre cap initial. Ouf, le monstre est derrière nous et correspondrait peut-être à la rencontre d’un front chaud et d’un front froid…

Cinquième jour. Après cette nuit de folie, nous accueillons joyeusement l’aube. Les orages sont passés mais le ciel reste entièrement bouché. Aujourd’hui, le vent en train de virer progressivement du sud-ouest au nord-nord-est en passant par l’ouest et le nord. Nous sommes donc contraints de tirer un bord à l’est-sud-est et ce, jusqu’à demain au moins ! Pas grave car notre route actuelle est plus à gauche que la route directe Bahamas – Bermudes.
Les grains se succèdent à bon rythme. Du coup, nous sommes un peu sous-toilé pendant une bonne partie de la journée pour ne pas avoir à prendre et à enlever des ris tous les quarts d’heure. Le ciel est morose, mon humeur aussi. JR dort un peu et Yoda s’ennuie… On n’a pas trop vu le soleil. Il fait froid, on n’a pas quitté nos vêtements de quart de toute la journée.

Vraiment pour dire qu’on a vu le soleil aujourd’hui…

Le lendemain, nous faisons toujours du sud-est et attendons que le vent se décide à virer. Mais non, monsieur semble bien installé et ne veut pas passer au sud-est et préfère rester dans l’est. Du coup, notre bord part de plus en plus vers le sud, pas vraiment la bonne route quoi. Fin d’après-midi, il est temps de virer ! JR dort et je le réveille tout en douceur au son d’un : «  Faut virer, l’ordi a planté, y’a plus de cartographie ! » Le réveil est rude. Mais non j’ai rien touché moi ! C’est la faute de ton ordi pakistanais ! (NB : Acheté en duty free à Saint Martin y’a quelques mois, ooh là on avait fait l’affaire du siècle ! Le truc avait même pas une semaine que la barre d’espace ne marchait plus et que l’écran grillait en laissant une fumée nauséabonde dans le bateau…)
Nous tirons un bord plein nord de nuit et sous d’énormes grains menaçants plus noirs les uns que les autres. Au radar, nous visualisons une petite tache bien ronde juste à un mille derrière nous ! Pas de feux, pas de bateau, nous pensons à une trombe qui s’éloigne rapidement…
Après plusieurs dizaines de milles sur ce bord, nous sommes forcés de constater que nous faisons maintenant du nord-ouest au lieu de nord-est ! On s’éloigne donc des Bermudes ! Il faut re-virer au sud-est et attendre patiemment la renverse… Première fois que les gribs se plantent, ils la prévoyaient pour hier soir ! On a déjà la houle, le vent va suivre, patience…
Mardi, septième jour. Enfin dans la soirée, le vent vire comme il faut et voilà Renaissance qui file maintenant au nord-est ! Cool, nous sommes enfin sur le bon cap, on commençait à désespérer là !

Un oiseau curieux nous tient compagnie, qui est-il ?

Y’en a une qui ne loupe rien des acrobaties du piaf…

Le lendemain, nous passons une magnifique journée au travers ! On est content car nous avons rarement la chance de naviguer à cette allure. Il fait beau, le bateau marche super bien, et c’est particulièrement confortable. Et oui, cela nous rappelle qu’y’a pas que le près serré et le portant dans la vie héhé ! Le vent et la houle montent dans l’après-midi alors que les prévisions météo les annonçaient plus faibles mais ça reste agréable. Alors que nous faisons les nigauds à se marrer et à observer l’affichage erroné du loch (vitesse du bateau) pendant les surfs de Renaissance, le pilote auto se manifeste et décroche tout seul. D’un coup, c’est plus trop drôle surtout que l’atmosphère s’assombrit également au passage d’un grain et que le vent accélère. Merde, oh non, pas le pilote auto… On éteint notre troisième équipier et rallume, ça fonctionne, ouf. Apparemment ça s’rait de ma faute, j’aurai étouffé le calculateur du pilote sous des sacs de bric et de broc… Fallait le dire plutôt ! Ok, dans le placard sacré, on ne met pas de boîtes de conserve non non, et on ne le bourre pas non plus à craquer de sacs…

Pas de doute, nous sommes bien sur la mer des Sargasses

Attentioon !! Méchant grain derrière toi !

Vitesse du bateau : 14, 3 nœuds avec 13 nœuds de vent ?

Nous calculons qu’il nous reste maintenant moins de 200 milles à faire avant de toucher terre ! Ce qui devrait nous faire arriver… bah demain, tiens (déjà) ! Il annonce du 15-20 nœuds de ouest-sud-ouest pour cette nuit et demain, c’est tout bon pour nous ça, yé…
Le temps que le vent s’installe correctement, nous faisons route au moteur sur une mer qui s’assagit… Puis nous nous mettons en ciseau pour la nuit même si le vent reste faiblard. Ça doit monter, alors encore une fois, restons patients…

Enfin un super coucher d’soleil !

Jeudi 29, huitième et dernière journée de mer !
Pffiou la nuit passée a été très difficile. Nous avons été particulièrement ballottés alors qu’il n’y avait pas suffisamment de vent pour faire avancer notre bateau dodu. A peine 12-13 nœuds derrière, c’est un peu limite pour tenir les voiles par mer formée. De plus, cette nuit a tout simplement été polaire ! On s’est couvert comme on a pu et de tout ce qu’on avait sous le coude mais nos dents n’ont pas cessé de claquer…
Du coup, ce matin, nous sommes fourbus et nous avons mal partout. On se dit qu’il est grand temps d’arriver maintenant. La mer n’est pas très belle aujourd’hui. Un peu grosse, grise et dans tous les sens, je la classe volontiers dans la catégorie « mer pas très sympa ». Ca moutonne pas mal aussi, il y a 18 nœuds de vent, rafales à 25… Nous surfons dans les vagues mais restons sur nos gardes car cette mer croisée à tendance à nous prendre de côté… Et puis, nous sommes en ciseau, le vent un peu trop derrière, un peu coincés entre le génois qui claque, le cap à suivre et le risque d’empanner avec la grand-voile (même si on a une retenue). Le soleil tarde à sortir puis est entièrement caché par les voiles. Pas d’bol, j’arrive pas à me réchauffer… JR a une tête de déterré et se fait trois hot-dogs en guise de petit déj, puis se dit que c’était peut-être un peu beaucoup en avalant sa dernière bouchée mdrr. Il a également arrosé la cuisine de mayo, sympa ! Bon, il nous reste 70 milles à faire, je sens que ça va être long ! La mer continue de gonfler, en particulier la houle d’ouest-nord-ouest qui nous prend aux trois quarts arrières…

Comme à chaque arrivée après une longue navigation, je m’étais fait tout un monde de l’arrivée aux Bermudes, du moins de la découverte de l’archipel sur l’horizon… Genre temps radieux, bateau qui file sous voiles, odeur de la terre, les oiseaux qui piaillent, une escorte de dauphins à la proue du bateau, les cheveux au vent, moi ou lui devant au balcon, grand sourire aux lèvres et criant « Terre, Terre ! » en pointant du doigt l’horizon. Bah non, là, en l’occurrence, c’est pas vraiment ça. Nous sommes à présent sous une brume épaisse, on n’y voit pas grand chose mais pourtant la terre est bien là devant. Nous grelottons et nous sommes malmenés par une mer vraiment pas cool. Plus que quelques milles, une éternité…
Passé la pointe sud de l’île, ça va déjà mieux. La mer s’ordonne, le vent se calme. Faudrait pas qu’il disparaisse non plus, on voudrait bien arriver de jour nous !
La brume s’est estompée mais maintenant… nous sommes sous les grains et sous la pluie ! Çà, c’est de l’arrivée ! Euh, s’il vous plait un petit rayon d’soleil, c’est possible ou bien ? Une bande de dauphins viennent jouer à l’étrave le temps de nous remonter un peu le moral. Ils s’éclatent, il y a encore de la houle, c’est leur terrain de jeu… Nous nous déridons peu à peu.

Les dauphins nous accompagnent pour l’arrivée…

… sur les Bermudes !

A six milles de l’arrivée, le Bermuda Harbour Radio prend contact avec nous après nous avoir repéré grâce à leur super radar. Nous communiquons avec un bonhomme tout cool qui prend la peine de bien articuler chaque mot pour que nous puissions le comprendre. Fallait bien ça après 8 jours de mer et notre anglais toujours aussi minable. Il demande des infos sur le bateau, puis sur notre matériel de sécurité, comme par exemple le numéro de l’EPIRB (balise), le numéro du tel satellite, le numéro Unin… Hein, tu le connais toi, ton numéro Unin ?! Il nous souhaite la bienvenue aux Bermudes et nous demande de le recontacter si problèmes ou si besoin d’info. Aah si tous les officiels étaient partout comme ça…
Nous attaquons maintenant les alignements et le chenal qui mène au lagon de Saint Georges sous une pluie intense et un ciel noir. On se concentre, l’entrée est étroite, faudrait pas la louper, ce serait ballot quoi…

Entrée dans le lagon…

Ensuite, amarrage au ponton des customs et immigration pour des formalités rapides ! Avec un personnel sympatoche en plus. Le bonhomme nous pose les questions habituelles après avoir traduit vocalement chaque phrase sur son Smartphone. Ah que c’est beau la technologie mdrr. Les frais d’entrée aux Bermudes sont de 35$ par personne. Il nous remet un plan de la ville en nous souhaitant également la bienvenue sur l’île. Une rapide course en ville (des clopes, un twix et un steak) et nous rejoignons les autres bateaux au mouillage dans le lagon tout juste quand la nuit s’installe…
Ça y est, nous sommes aux Bermudes ! :)

En plus bref :
8 jours et demi pour faire 815 milles en ligne droite.
Mais en fait, notre route est très loin d’être droite ! Seulement, je suis bien incapable de vous dire combien de milles en plus nous avons fait suite au plantage de l’ordi.
On compte tout de même un total de 290 milles au moteur (58 heures). Estimation de la conso du Volvo : 2,70 L par heure.
Au niveau vent sur le parcours : nous avons eu de 0 à 28 nœuds (sous un méchant grain) et sur 360° ! Nous sommes donc passés par toutes les allures… et en fait, c’est assez sympathique. Ça permet d’éviter la monotonie et les inconvénients d’une trop longue navigation à la même allure.
La mer est restée très correcte sauf le dernier jour.
Nous avons croisé un cargo pratiquement chaque jour. Le plus près est passé à deux milles de nous mais avait déjà modifié sa trajectoire. En fait, c’est assez rassurant de voir qu’il y a du monde qui croise dans cette mer…
Sinon le temps est passé drôlement vite ! Bon ok, sauf la première et la dernière journée, les plus difficiles au niveau des conditions de navigation… Mais dans l’ensemble, ça été une belle traversée malgré de nombreuses nuits à grains (sans pluie !). Si on a les mêmes conditions pour les Açores, ça nous va. On s’est un peu traîné mais notre priorité était surtout d’économiser le bateau et d’arriver en bon état à bon port.
Au niveau p’tits soucis : point d’écoute du foc pété (voile inutilisable pendant la navigation), bitoniau du renvoi bâbord de l’écoute de génois qui voulait se faire la malle (on lui tapait dessus à la manivelle de winch), bitoniau du winch électrique tribord encore cassé (on lui tapait dessus à la manivelle de winch), tuyau d’arrivée de gasoil qui fuitait à la jonction (réparé), pas très bonne réparation de la bordure du génois par la voilerie de Nassau (ça tient mais alors la couture n’a pas été faite avec la voile à plat, bref ça tire dessus et ça donne une mauvaise forme au niveau du bas de la voile), plantage de l’ordi temporaire (le mac a pris le relais en attendant que l’autre se remette), pilote auto qui a décroché une fois (mais là, on n’a pas osé lui taper dessus à la manivelle de winch ;)

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • https://voyage-de-renaissance fr/bermudes/transat-retour-1-des-bahamas-aux-bermudes/