Vadrouilles et quotidien à bord du voilier Renaissance ; Westerly sealord 39...

Sommes partis d'Hendaye le 22 juillet 2012 et rentrés depuis peu !

Nouveau décor

Un mois après notre arrivée, il faut bien nous rendre à l’évidence : il n’y a tout simplement pas de boulot pour moi à La Rochelle. Mais comment ça infirmière et au chômage technique !? Et oui malheureusement, les choses ne sont plus celles qu’elles étaient il y a encore deux ans. Aujourd’hui, et un peu partout en France, c’est la grosse galère pour trouver un poste. Et n’allez pas croire là que les services de soins se portent mieux ! Non non au contraire, il manque toujours autant de soignants, seulement maintenant les hôpitaux n’ont soi-disant plus les moyens d’embaucher. Et voilà pas qu’à présent les tous nouveaux diplômés ne retrouvent à faire la queue chez pole emploi ! Bref, me voici donc contrainte d’élargir ma recherche…
Et c’est à Royan qu’on me fera une proposition, dans le cadre de l’ouverture d’un tout nouveau service à l’hôpital. Réintégration anticipée sur ma dispo ok et demande de mutation ok. Finalement, les choses se goupillent pas trop mal. Bon et bien reste plus qu’à déménager !

Le 16 septembre, Renaissance a profité de la journée pour parcourir la petite soixantaine de milles qui séparent La Rochelle de Royan. Pas beaucoup à raconter sur cette petite navigation ; peu de vent, beau temps, une mer très calme et plutôt verte, des petites méduses et des grosses par centaines…

Le bateau a trouvé une place en forfait hivernage et pour la suite, bah j’ai envie de dire : on verra bien ! Après quelques retrouvailles famille, Jean-Rémy s’est également mis en quête d’un futur boulot. Il devrait commencer d’ici quelques jours et moi dans quelques semaines. Donc, ça y est ; la machine est lancée… Il est temps de remettre en activité nos deux carcasses et nos méninges ! Pour tout vous dire, la reprise nous inquiète un peu et promet d’être folklo sachant qu’on n’arrive désespérément pas à émerger en temps normal avant les 10h. Mais cela va nous faire du bien et j’espère surtout, nous faire sortir de cette espèce de morosité qui nous colle à la peau depuis notre retour en France. Donc euh si vous avez un ou deux réveils qui traînent hein… :)

Sinon le matou va très bien. Elle s’est acclimatée sans problème à son nouvel environnement royannais et gambade tous les jours sur les pontons. Elle a également rencontré ses deux acolytes du Lot-et-Garonne lors d’une petite virée à la campagne… On se l’était imaginée cabriolant dans la nature et grimpant aux arbres en dégustant cette nouvelle liberté… Et non pas du tout ! Notre Yoda n’a pas vraiment aimé cette nouvelle sensation de l’herbe sur ses coussinets et n’est donc pas sortie souvent de la maison ! Fallait la voir tenter de marcher et de courir dans la verdure, tout en levant bien haut les pattes, pour toucher le sol le moins possible ! Bon, on s’est marré :)

Nouveaux copains !

A voulu gouter l’eau de La Rochelle avant de partir…

Que vous dire de plus ? Concernant le bateau, nous avons vendu tout plein de matériel qui ne nous aurait plus servi et nous avons peu bidouillé à bord. Pourtant, il y a bien des petites choses à faire mais la motivation nous fait défaut. Ah si, notre super chauffage re fonctionne et en fait… c’est déjà beaucoup ! :)

Prix des formalités

Aller juste pour comparer… Voici les tarifs des formalités d’entrée que nous avons payé dans chaque pays visité. Il faut faire les clairances d’entrée et de sortie normalement à chaque fois. Souvent une tolérance de 24h est de mise donc si vous ne faites qu’un arrêt dodo sur une île, pas besoin de faire la paperasse. En dehors des heures d’ouverture des bureaux, il faut normalement quand même se présenter et payer une taxe d’overtime en plus. Ou bien attendre le lendemain si c’est pas le week-end !
Parfois, il est possible de préparer sa clairance sur internet pour accélérer la procédure. Voir Eseaclear ou Sailclear par exemple, mais attention tous les pays ne jouent pas le jeu.
Donc pour un trio douanes + immigration + autorité portuaire et pour un bateau de 12m avec 2 personnes à bord :

Espagne, Portugal, Madère, Canaries = 0 car c’est l’Europe !

Cap-Vert = A l’époque, seulement trois ports d’entrée officiels = Sal, Praia et Mindelo. 5 euros par bateau à l’immigration au départ et à la fin du séjour, 7 euros de frais sur chaque île, clairances inter-îles à refaire à chaque fois. Les officiels gardent les papiers du bateau pendant toute la durée du séjour…

Tobago = L’île est coupée en deux zones distinctes. A Charlotteville = dans les 50 TT$ = 6 euros. Il faut demander un permis de mouillage avant de changer de baie.

Grenade et Cariacou = 66$EC (50 et 8$ par personne) = 19 euros

Saint-Vincent et les Grenadines = 70$EC (35$ par personne) et 36$EC à la sortie (Wallilabou) = 30 euros

Sainte-Lucie = 0 si vous ne faites que les ports d’entrée sinon y’a une taxe en plus !

Martinique = 3 à 5 euros selon l’endroit, à faire soi-même sur un ordi, idem pour la clairance de sortie, ne demande jamais la clairance précédente, gratos à Saint-Pierre

Dominique = 10$EC = 3 euros, possibilités de faire la clairance d’entrée et de sortie en une seule fois si séjour de moins de 15 jours

Guadeloupe = 3 à 4 euros selon l’endroit, idem qu’en Martinique

Antigua et Barbuda = 88$EC = 25 euros, nous n’avons pas fait la clairance de sortie puisque nous rejoignions une île française par la suite qui ne demande pas la précédente clairance

Saint-Barth = 10 euros ? Apparemment sur ordi mais logiciel différent. Nous y sommes restés une nuit donc nous n’avons pas fait la clairance d’entrée…

Saint-Martin = 5 euros à la marina Port la Royale (seraient les moins chers), idem qu’en Martinique

BVI = 19$US = 15 euros

République dominicaine = Alors officiellement, c’est 43$US pour le bateau et 10$ par personne. Mais tout dépend du port d’entrée… A Boca Chica, ils nous ont annoncé 180$US à payer rien que pour les formalités ! On a refusé et on a payé que les 63$ légaux = 49 euros. Il faut faire un despacho d’entrée et de sortie à chaque arrêt, officiellement gratuit, officieusement entre 10 et 20$… Ils vont demanderont des cadeaux ou se serviront eux-même ! Fouille du bateau

Haïti = Nous y sommes restés quelques jours et oups, nous n’avons pas fait les formalités d’entrée et de sortie

Cuba = 105 CUC = 82 euros à Cienfuegos pour l’entrée (50 pour le bateau, 55 pour la paperasse). Cela dépend du port d’entrée. Visa d’un mois renouvelable. 25CUC par personne pour prolonger le visa. Faut refaire un despacho (gratuit) à chaque arrêt officiel, sinon pas besoin. Ils vous demanderont également des cadeaux. Fouille du bateau

Bahamas = 300$US = 233 euros pour un bateau de plus de 10m50, 150$ si bateau plus petit ! Et là, tu pleures…

Bermudes = 70$US (35$ par personne) = 55 euros

Açores = 0 car c’est l’Europe !

4ème étape : on rentre en France !

Après La Corogne, nous nous sommes rendus à Viveiro, histoire de changer d’air et de raccourcir notre prochaine traversée vers la France. J’vous passe sur cette navigation rouleuse et peu intéressante sauf qu’on a encore joué les bons samaritains au moment du départ ! On a du remorquer un voilier en rad’ de moteur jusqu’à sa manœuvre au ponton. Pas de soucis s’il est en galère… Sauf qu’on a appris après, qu’en fait, c’était juste un relou qui était déjà amarré au port mais qui voulait juste changer de place en se rapprochant de la capitainerie. Enfin bref !
Dans le petit port de Viveiro caché au fond de sa grande ria préservée, nous avons guetté les prévisions météo à venir. Mais pas de départ possible avant au moins une semaine ! Ça souffle dur en ce moment dans le golf de Gascogne, il nous faudra donc patienter encore un peu. Et puis si on peut éviter de se faire secouer…
Enfin, une petite accalmie est prévue pour ce jeudi, nous en profiterons donc pour rejoindre La Rochelle. On ne savait pas trop ou atterrir et puis finalement, cette escale nous semble adéquate, tant par sa proximité (plus près de Viveiro et de la famille, que Brest par exemple) que par son accès facile. Et puis, bon, fallait bien se décider hein !

C’est donc de bonne heure le 14 août que Renaissance a largué ses amarres tout comme deux autres voiliers et a entrepris de rejoindre la façade atlantique française. Cap sur la Rochelle donc ! 315 milles sont au programme ! Dès la sortie du port, nous sommes cueillis par une grosse houle qui rentre plein pot dans la ria. Hum, ça ne laisse rien présager de bon… Le ciel est maussade et pour l’instant, pas un souffle de vent !

Des mini trombes se forment dans notre dos

Pendant pratiquement une heure, nous nous ferons chahuter et rouler dans tous les sens avant de pouvoir enfin hisser les voiles. Nous sommes pour l’instant au largue et le bateau file à plus de 6 nœuds. Mais malgré la toile, le bateau remue toujours beaucoup. C’est inconfortable et nous craignons tous deux d’être terrassés rapidement par le mal de mer. Faut dire que mine de rien, nous ne sommes plus du tout amarinés ! En plus ces derniers temps en navigation, nous souffrons d’un mal mystérieux, que je nomme très poétiquement le syndrome du rot coincé ! :) Bah oui, vous êtes excessivement bercés par les flots et convaincus alors que vous avez envie de vomir. Vous êtes super mal et commencez un peu à stresser alors que non non en fait, vous avez juste besoin de roter mdrr ! Pardon pour les détails mais c’est une situation finalement assez banale mais qui en mer vous laisse craindre le pire ! Merdeuh, malade sur la toute dernière traversée…
Bon on a roté :) et on s’y est fait à cette vilaine mer. Très peu de nourriture et de sommeil les premières 24 heures et puis la houle comme prévue a commencé à s’assagir peu à peu.
Le vent quant à lui nous a offert quelques bonnes accélérations ! Force 5 à 6 à un moment, au travers, nous avons donc du réduire pas mal mais tout en conservant une bonne vitesse sur l’eau. Au matin, nous faisons le bilan de cette première journée : 145 milles effectués, c’est pas mal du tout !
Deuxième jour de mer et le vent passe de plus en plus au nord-nord-ouest. Nous nous retrouvons donc au près ! Mais ça va, c’est top, on marche et le bateau ne tape pas dans la houle. En tout, cinq voiliers nous croiseront en sens inverse.
Nous démarrons un peu le moteur en début d’après midi car le vent est tombé.
Vers les 15h, nous passons entre l’île d’Oléron et l’île de Ré. Là, on retrouve la civilisation maritime ainsi que le vent ! C’est à plus de 7 nœuds que nous déboulons en ciseau au milieu de tous ces nombreux bateaux. Pouaaah ! C’est le week-end du 15 août et y’a sacrément du monde sur l’eau ! En fait, c’est simple, nous n’avons jamais vu autant de voiliers d’un coup ! Nous ne savons plus ou donner de la tête tellement ça se croise et ça se recroise dans tous les sens. A l’entrée du chenal, le vent monte et c’est le gros bordel ! Entre les vedettes qui sortent à fond, les jets-skis, ceux qui rentrent ou qui sortent sous voiles, celui qui force le passage et s’engueule avec son voisin, ceux qui affalent et le papi tout seul dans son petit voilier qui ne veut pas avancer… J’vous laisse imaginer le souk. On est crevé et on doit redoubler d’attention jusqu’au ponton salutaire Après nous être fait doubler trois ou quatre fois par des pressés entre les digues du port, nous nous amarrons au ponton marqué accueil. Là, le bonhomme nous dit qu’on ne peut pas rester ici le temps d’aller voir la capitainerie, donc faut rebouger sur le ponton de derrière. Ok on y va. Bonjour capitainerie ! Après 10 minutes, nous obtenons une place dans le nouveau bassin.
Faut croire qu’une troisième manœuvre d’appontement pour cette même journée, c’était trop pour nous ! Nous ratons le truc. Heureusement, il n’y a personne pour voir les deux zigotos que nous sommes, pris d’un fou rire et pendus chacun désespérément à une amarre en essayant de ramener notre bateau têtu contre le ponton !
Bref. Fin de l’histoire !
Ça y est ! Nous sommes à la Rochelle et… bel et bien rentrés en France après deux ans de vadrouilles océaniques ! :)

P’tit crochet en Espagne

Nous voilà donc en Galice pour une dernière escale avant de clôturer définitivement notre périple de 2 ans autour de l’Atlantique !
Mais avant de replonger dans la réalité pour un bon moment, nous nous offrons quelques semaines de farniente dans une région que nous aimons et que nous connaissons déjà un peu puisque c’est la troisième fois que nous y trainons notre coque… Pour nous, c’est un super bassin de navigation avec de profondes rias aux plans d’eau bien abrités, partagé entre côte rocheuse, plagettes dorées, petits villages sympatoches et forêts d’eucalyptus. Seul hic, la température de l’eau ; quasiment glaciale par ici brrr ! :)

Notre premier jour en Espagne fut consacré au gros nettoyage de Renaissance pour pouvoir accueillir au mieux nos deux invités dès le lendemain. Pas mal de boulot, puisqu’il y avait autant à faire dehors que dedans !

C’est donc à quatre que nous avons quitté Vigo pour rejoindre Combarro dans la ria de Pontevedra juste au dessus. Vieux village pittoresque les pieds dans l’eau, le presque incontournable lorsqu’on visite la région ! Et puis, bah direction la péninsule de O Grove pour un mouillage tranquillou à proximité de San Vicente del Mar.

Trois horreos de Combarro, séchoirs sur pattes

Le lendemain, on ne perd pas de temps, cap sur Muros ! Un peu de brume matinale au départ puis grand soleil et quelques dauphins sur la route pour le plaisir de tous. Par contre, plus on se rapproche du Cap Finisterre, et plus le vent actuellement de nord-nord-est se fait fort. C’est donc au port et au chaud pour quelques jours que nous attendrons une accalmie qui nous permettra de continuer notre route vers le nord. Là, nous avons rencontré notre voisin de ponton. Marrant c’est un voilier parti le même jour que nous et en même temps de Terceira aux Açores et qui est arrivé également le même jour que nous en Galice !

Dans les ruelles de Muros

Dernier mouillage à l’est de Playa de Llagosteira, caché du vent derrière la Punta Sardinero, avant de remonter la fameuse Costa del Muerte. Là, nous avons choisi de patienter un jour de plus pour passer le Cap Finisterre avec pétole plutôt qu’avec vent dans le nez !

Cap Finisterre ! Tranquille et ensoleillé ! On y va !

Enfin, après une dernière nav de 70 milles, nous avons rejoint la Corogne le 1er aout pour y relâcher nos invités qui repartiront vers la Normandie. Surprise à notre arrivée de voir que la marina A Coruna est bien remplie ! Apparemment la météo n’a pas été sympathique ces derniers temps et beaucoup de voiliers sont en attente pour descendre vers le sud… Ils leur faudra patienter encore un peu ; demain le temps se gâte, une dépression se ramène donc vent de secteur sud…

Quant à nous, depuis on flâne, on glandouille, on profite. On visite La Corogne, finalement beaucoup plus jolie et sympa que dans nos souvenirs ! Pas mal de vieux monuments et de rues piétonnes que nous avions zappés lors de nos précédentes vadrouilles. Et surtout, surtout, on apprécie nos derniers moments de liberté… C’est une drôle d’impression que de se sentir à la fin du voyage en voyant tous ces bateaux qui commencent le leur. Ça y est, me voilà nostalgique snif. D’ici peu, c’est le retour à la réalité et les questions existentielles viennent régulièrement me tarauder quand la nuit tombe et que le sommeil tarde à venir. Arriverons-nous à nous recaler dans quotidien ? Comment va se passer la transition ? Ou va-t-on se poser ? Bref, les interrogations habituelles que tout le monde se posent quand une page de vie se tourne… :)

Jr aux pieds de la Tour d’Hercule, le plus ancien phare au monde…