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Prépa retour

Fini la rigolade ! Nous voilà au terme de notre croisière sous les tropiques et il faut à présent penser au retour et aux préparatifs pour les prochaines grandes navigations. Après une petite semaine consacrée à la préparation du bateau (et des troupes !), nous sommes maintenant aussi prêts qu’on puisse l’être pour voguer vers des eaux plus froides…
Petit récap’ du travail accompli ces derniers jours :

Le génois et la grand-voile ont été déposés chez le voilier, puis récupérées même pas deux jours après avec des doubles placards de renfort au niveau des zones abîmées. C’est costaud et ça ne devrait plus poser de problème. Espérons juste que le reste tienne aussi hum… En effet, nos deux voiles principales apparaissent légèrement fatiguées. La grand-voile a pu être regréée rapidement, le génois beaucoup plus tard car nous attendions une pseudo-accalmie. Manque de pot, y’a toujours du vent aux Bahamas ! Bref, tout est à présent en place et l’étai largable ainsi que le foc sont installés à poste puisqu’il y a de très grandes chances que nous commencions la traversée retour au près serré…

Bah ? On hiverne ou on transate !?

Les haubans méritaient d’être retendus et toutes les goupilles sont enfin à leur place, depuis le temps que je le demandais hein. J’ai également envoyer JR faire le singe en tête de mât afin de vérifier que tout allait bien là-haut.
Coté mécanique, la vidange du moteur est faite, comme celle de l’inverseur.
Tous les winchs et les poulies ont été graissés même si on reste un peu septiques sur l’efficacité et la durabilité de la chose. Les deux gros winch électriques ont également été remis tout bien comme il faut ; les bitoniaux d’en dessous se barraient en sucette.

JR a remis un mini bout sur la queue de l’éolienne pour pouvoir l’attraper facilement si elle s’emballe encore pendant du gros temps.
Le bateau est propre et bien rangé. Tous les trucs inutiles en grande navigation ont trouvé leurs places dans des coffres ou dans des placards. J’ai essayé de tout caler au mieux pour éviter les cling-cling très désagréables en mer… On a même réussi à débarrasser le débarras ohoh ! Les voiles d’avant sont les seules choses qui traînent à présent dans la cabine avant, bon, ok, avec les avirons… Mais ça n’était pas arrivé depuis la transat’ aller, c’est dire !
Les chiottes sûrement pas contentes d’être laissées de côté, ont décidé de se boucher à ce moment là. C’est donc un JR ravi et qui ne râlait pas du tout qui a du s’y coller. Il en a profité pour changer la pompe dans le même temps. Plus de souci non plus de ce côté là.
On laissait courir mais certaines fixations de placards étaient défectueuses ou desserrées donc cela a été repris. Idem pour le joint du frigo qui avait la sale manie de sortir de sa gouttière à chaque ouverture de la porte.
Ensuite, ce fut les trucs habituels alourdissant encore un peu plus le bateau :
Le plein de carburant est ok. Nous avons racheté un bidon de 20 litres en plus en prévision de la pétole qui peut sévir sur la route. Du coup, on embarque pratiquement 300 litres de gasoil, dont 130 litres en bidons annexes. Soit une autonomie de presque 500 milles ou 4 jours complets au moteur en comptant assez large au niveau de la conso… On se gardera bien évidemment quelques litres de côté, à utiliser uniquement pour l’arrivée. Mais on espère tout de même ne pas en arriver là !
Le plein d’eau, c’est fait aussi. On part avec grosso modo 500 litres d’eau douce dans les réservoirs et en bidons, et 30 litres d’eau minérale au cazou. C’est peu mais on boit surtout l’eau du robinet qui ne passe pas dans les réservoirs, et qui est mise dans des bouteilles bien dédiées à la consommation. Comme ici l’eau est assez javellisée, on la passe en plus dans une carafe genre Brita pour améliorer le goût et éviter de faire la grimace à chaque gorgée. Et puis au cazou n°2, il nous reste toujours du désinfectant qui traite l’eau si nécessaire !
Tout le linge du bateau a été lavé, séché, plié et soigneusement rangé. Mais dix minutes plus tard, tous les tee-shirts ont été retournés après le passage d’une tornade qui ne voulait que celui du dessous… A part ça, il est vraiment temps de rentrer car toutes nos fringues sont dans un état pitoyable ! Quand elles ne sont pas trouées ou transparentes d’usure, elles sont décolorées ou tachées. C’est peut-être ça le look baroudeur, ou pas.
Le bateau a mérité un bon nettoyage à grande eau. Depuis la Guadeloupe, il n’avait pas vu l’ombre d’une éponge… Une bonne chose de faite, surtout pour enlever les grumeaux de sel qui s’étaient accumulés un peu partout et qui faisaient que Yoda revenait régulièrement toute poisseuse parce qu’elle avait été traîné je-n-sais-pas-ou… Remarque, notre matou se transformait en plumeau à l’occaz’ !
Sinon, la CB a bien failli exploser lors de la corvée avitaillement, mais les placards sont de nouveau pleins à craquer. On devrait normalement reprendre quelques kilos après le régime Cuba ! N’etant pas loin du supermarché, on en profite à fond en ce moment en se faisant plaisir. Du beacon pour JR, du chocolat pour moi, miam miam… A Nassau, on trouve un Fresh Market branché bobo, énorme et super bien achalandé qui permet de refaire les stocks sans soucis.
A part ça, on s’est aussi préparé nos futurs tenues de combat de navigation qui seront composées d’un ensemble de 6 pièces minimum à piocher au choix là-dedans : tee-shirt, sous-pull, pull, sweet, chaussettes-genou, pantalon léger, pantalon lourd, écharpes, moufles, duvet, bonnets, salopettes, vestes de quart, masque de plongée (bah oui, pour le très mauvais temps et les embruns dans les yeux !). Mais nooon aller, c’est pas avant l’Europe les vêtements chauds. Oui ouiii, on y croit ! Quant aux maillots de bain, je crois que c’est de l’histoire ancienne tiens ! Quoique si les conditions s’y prêtent, j’aimerai bien moi aussi tenter la baignade en pleine mer tractée derrière le bateau… Bon on verra :) Je sais également que le Gulf Stream (courant chaud) baigne les eaux bermudiennes mais je ne sais pas exactement dans quelle mesure…

Parés à choper des protéines fraiches !

Donc voilà, maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre la bonne fenêtre météo pour partir vers le nord-est en direction des Bermudes. Actuellement, le temps n’est pas top et des orages bien ventés s’enchaînent. Nous sommes pressés de retrouver du temps stable et ensoleillé.
Le moral a bord est plutôt bon même si on appréhende pas mal cette transat retour ! Mais on a hâte aussi ! On va dire que les conditions météo ne sont pas aussi simples que pour la transat aller, durant laquelle on se contente finalement de se laisser pousser par le vent et par le courant. Là, c’est un peu plus stratégique avec des zones de calmasse et des dépressions qui traversent encore l’Atlantique Nord, même si ces dernières doivent normalement se tasser avec l’été.
Certains font le choix de traverser directement sur les Açores en traversant l’anticyclone au moteur, ce qui exige d’avoir de grosses réserves de carburant. D’autres passent par la case Bermudes, ou avoisinent leur latitude, sensée permettre de toucher les vents d’ouest et surtout de contourner l’anticyclone pour peu qu’il reste à sa place. Une chose est certaine, la route la plus courte n’est pas forcément la plus rapide et les années ne se ressemblent pas… Pour conclure, on dit simplement qu’il y a autant de routes possibles que de bateaux qui font la transat’ retour. Une route nord, mais pas trop, nous semble être la plus logique, mais par contre il faut veiller au grain ! En effet, il s’agit là de profiter des dépressions du nord pour avancer mais attention, avec une route trop au nord : c’est la branlée, et avec une route trop sud : c’est la pétole. Toute est une affaire de compromis ! Pour compliquer la chose, anticyclones et dépressions se déplacent aussi (et plus vite que nous) en suivant leurs propres routes ; d’où l’importance d’un bon suivi météo…
Pour nous qui partons d’un point relativement ouest, les Bahamas, la route directe pour les Açores passe relativement prêt de la route pour les Bermudes. Donc autant profiter d’une escale toute trouvée sur la route ! Bien sur, si c’est le pas-de-chance et si une méchante dépression nous barre le passage à l’arrivée, nous envisagerons également la possibilité de devoir continuer directement sur l’archipel portugais…

Donc étape 1 : Bahamas – Bermudes = 800 milles
Étape 2 : Bermudes – Açores = 1700 milles
Étape 3 : Açores – « Quelque-part-entre-Brest-et-la-Rochelle » = 1100 milles

Voilou, on vous embrasse tous et le prochain message sur le blog vous annoncera normalement la date de notre départ… ;)

Ah ! Peut-être une possibilité pour mercredi ou jeudi, avec un départ au près mais normalement du sud-ouest (voire du calme) pour la suite ! A suivre ! Nous sommes pressés de partiiirrr maintenant… ;)

Sur le papier, et en schématisant, c’est tout simple finalement… :)

Nassau, pendant le seul rayon de soleil de la journée !

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • carafegenre brita

De Cayo Largo à Cayo Mathias

Nous quittons ensuite notre joli mouillage pour rejoindre un des catways de la marina de Cayo Largo. Un petit coup de nord étant annoncé avec houle virant sud-ouest, puis ouest, puis nord…  Nous craignons peut-être à tord de ne pas être super protégés en restant à l’ancre. De plus, nous voulons en profiter pour nettoyer un peu le bateau et tenter de recoudre la grand-voile.
Pour rejoindre les pontons, les bateaux calant plus d’1m50 doivent emprunter le chenal nord qui ne pose pas de problème puisque qu’il est bien balisé. Nous trouvons une place facilement, car pas grand monde dans le coin hormis quelques cata de loc et les bateaux d’excursions.
Nous rencontrons ensuite le personnel de la marina. Comme il est d’usage, un bonhomme de la guarda et un autre du port montent à bord pour remplir leurs formulaires. Ils reprennent nos identités, les infos du bateau, gardent avec eux notre feuille de route (despacho)… et nous annoncent du très mauvais temps pour le lendemain. Pourtant nos fichiers grib n’annoncent pas plus de 20 nœuds… Nous soignons notre amarrage et on verra bien !

Très méchant grain de la veille !

Nous sommes restés deux jours au ponton. Le temps de recoudre à moitié la voile (dur, nos aiguilles se cassent les unes après les autres…) et le temps de retrouver un peu de vie sociale ! Nous voilà renouant le dialogue avec les autres humanoïdes, ça faisait un bail. Nous rencontrons un couple de jeunes qui comme nous entreprennent la transat retour cette année après un rapide passage aux Bahamas, un couple plus âgé qui naviguent depuis 7 ans dans les environs et qui vont hiverner à la Havane, l’équipage français du cata de loc’ juste à côté de nous qui nous dit être déçu par Cuba et d’autres encore… allemands et anglais ! Dernier coucou aussi à notre bateau copain allemand qui découvre que Yoda a bien grossi depuis Madère et qui passe Panama, très bonne route à vous !
Concernant la météo pff ! On a bien pris 20 nœuds de nord, mais rien qui puisse être qualifié de mauvais temps…
Nous en avons profité pour visiter « le village » complément dédié au tourisme mais les installations restent discrètes et finalement assez bien intégrées dans le décor. Restaurant, bar snack, scène de concert, petites boutiques de souvenirs, centre de plongée, ferme aux tortues… Dans le petit magasin de la marina, nous faisons quelques emplettes et oh luxe suprême, y trouvons même du beurre doux et du miel cubain ! Nous commandons également quelques kilos de patates et de tomates, seuls légumes et fruits disponibles…

La trentaine de mouettes qui stagnent sur les pontons nous poussent à repartir assez vite. Deux jours passés à les entendre gueuler sans interruptions, l’horreur ! Yoda était au début surprise et intriguée par ces oiseaux brailleurs puis comme nous, totalement lassée à ne plus vouloir sortir dehors… Au revoir tout le monde, nous payons le port (0.80 CUC par pieds par jour, plus cher que prévu, idiotie de ne pas demander avant !) et récupérons notre despacho avec comme nouvelle destination officielle Los Morros. Mais bien évidemment pleins d’arrêts officieux prévus en cours de route…

Chenal d’accès à la marina, balisage surtout utile la nuit ou avec ciel chargé !

Le premier étant Cayo Rosario que nous rejoignons après 28 milles d’une mer encore bien désordonnée mais qui nous a fait l’honneur de s’aplatir au fur et à mesure que les heures s’écoulaient. Nous sommes (presque) arrivés par mer plate, le top. La passe ici est parfaitement bien balisée et ne présente aucun problème. Nous avons mouillé derrière Cayo Rosario pour la nuit et la journée suivante, nous avons rejoint la caye juste en face de l’autre coté du chenal, Cayo Cantilles, dans le but de dire un bonjour aux gardiens et de visiter la station biologique… Malheureusement, le vent n’a pas baissé comme prévu. Du coup, nous sommes restés à bord coincés par le clapot sans trop oser débarquer en abandonnant Renaissance au vent de l’île. Surtout que son abord corallien n’est pas des plus accueillant… On le sentait pas trop, alors tant pis pour la visite ! La météo est toujours reine !
Après une deuxième nuit cachée derrière la mangrove de Rosario, Renaissance a repris la mer pour atteindre la barrière de corail située tout au sud de Cayo Mathias à … milles. Une grosse houle de sud-est nous a malmené durant toute la navigation, c’était vraiment trop pourri !
Par contre, nous avons pêché notre deuxième barracuda grâce à Poulpy Charles et celui-là, pas de doute, il va bien passer à la casserole. La côte sud de Cuba n’étant que très très peu touchée par la ciguatera, pas de risque à manger ce genre de poisson. Attention au nord, c’est le contraire ; il vaut mieux s’abstenir si on ne veut pas perdre ses dents et ses cheveux…

Et un barracuda !

Sacrées ratiches ! Il nous a même bouffé l’épuisette…

Touchant au but, nous n’avons pas voulu tenter la passe est du reef qui est non balisée et avons préféré faire le grand tour par l’ouest. A ce moment là, nous nous demandions vraiment si la barrière de corail allait suffisamment nous protéger de la houle…
L’ancre est descendue par 3m d’eau sur fond de sable et d’herbes. Et verdict, nous y avons passé une superbe nuit bien à plat, assez loin du récif pour ne pas entendre toute la nuit les vagues qui venaient s’y fracasser…

Pêchou de Cayo Mathias…

Cuba, grosse pétole !

Aux alentours de midi, le guindeau reprend du service pour récupérer notre ancre et nous quittons ainsi l’Ile à Vache. Juste derrière celle-ci, nous trouvons 15 nœuds de sud-est qui permettent à Renaissance de faire route au près le temps de rejoindre le Cap Haïtien. Un courant plus que favorable nous accompagne puisque nous traçons à plus de 7 nœuds avec voilure légèrement réduite.

Le soir venu, nous commençons la traversée du Windward Passage, canal de 180 milles séparant Haïti de Cuba. Malheureusement, nous chopons rapidement la pétole au lieu des 10 nœuds de vent de travers annoncé et c’est grâce à notre moteur que nous avançons une bonne partie de la nuit.

Deuxième jour et nous voilà luttant à la voile. Renaissance progresse avec peine à 3 nœuds dans un vent léger et une allure portante. Durant les heures les plus chaudes de la journée, le vent monte un peu mais ce n’est pas pour autant que le bateau accélère. Bizarre ! Même crade, Renaissance file d’habitude un peu plus rapidement avec les conditions actuelles. Nous pensons à un courant de face qui nous ralentirait, ce qui est d’autant plus louche que nous devrions l’avoir avec nous ! Nous pensons même traîner quelque chose derrière le bateau mais nous avons beau regarder, il n’y a rien qui pourrait expliquer notre lenteur. Allongé sur le pont à la poupe du voilier, JR croit durant un instant voir une masse coincée devant le safran, peut-être une bouée. Nous décidons alors d’enrouler le génois afin qu’il puisse aller voir sous le bateau, avec un harnais croché sur l’échelle. En fait, fausse alerte, il n’y avait rien du tout ! Contre courant donc… C’aura été là l’occasion d’un bain de mer rafraîchissant en pleine navigation ! :)

En avant Renaissance !

La mer s’aplatit de plus en plus. Autour de nous, de très nombreuses algues font route en sens inverse. La mer des Sargasses n’est pas loin ! Dur pour la traîne, les hameçons se garnissent de salade…
Yoda nous pète un câble. Elle vient de nous faire un bon quart d’heure entier de « miaou » ininterrompus ! Sur le coup, on a eu un peu peur qu’elle aie bouffé un truc pas bon ou qu’elle se soit fait mal. En plus, elle était toute pommée. Et puis non, comme ça, après un p’tit moment, elle a arrêté de piailler. Mystère ! Bien sur, on n’exclue pas que ce soit sa manière de dire « Fait chier, y’en a marre de naviguer, j’en ai marre de vos conneries ! » arf.

C’est quand qu’on arrive !

Le soir venu, nous longeons Cuba et nous doublons le Cabo Cruz. Nous hésitons un moment à nous y arrêter mais finalement préférons continuer. Nous n’avons pas fait notre entrée dans le pays et il y a un poste de la guarda juste en face du mouillage. Et même si nous pouvons toujours prétexter un problème mécanique, cela ne nous emballe pas tellement de les voir débouler…

La nuit suivante sera douce, sous demie lune. Nous avons la délicieuse impression de flotter dans un univers suspendu où le ciel et la mer se confondent. Notre sillage dévoile le plancton fluorescent chamboulé sur cette mer tranquille. Renaissance gagne quelques milles à la voile, ôh pas bien vite, de 2 à 4 nœuds mais c’est toujours ça de fait…
Tous les matins, les dauphins nous rendent visite peu avant le lever du soleil. Malheureusement, ils semblent toujours pressés et nous quittent assez vite.
Sinon, je crois que nous n’avons jamais vu la mer Caraïbe ainsi, aussi calme et sereine. La moitié de nos mouillages sont plus agités que ça mdr ! Parfois, c’est juste une très longue ondulation qui arrive jusqu’à notre coque mais nous restons à plat… C’est méga appréciable et la vie à bord en est super facilitée.

Lever de soleil sur une Caraïbe endormie

Nous attendons le vent. Quelques petites risées, c’est reparti ?

Et non ! C’est ce qu’on appelle une mer d’huile !

Troisième jour, alors là, c’est la pétole intense ! Le guide nous dit qu’habituellement, sur cette partie de la côte cubaine, le vent moyen est de 6 à 10 nœuds de secteur est. Et effectivement, nous devons avoir à peine 4 nœuds réels plein cul donc 0 apparents ! Nous choisissons de faire un stop dans les Jardins de la Reine, faute d’air mais surtout car grosse chaleur intenable. L’atmosphère est très très lourde, pas un pet d’air. Nous rôtissons à petit feu et le pont est bouillant ! Et puis, nous ne pouvons pas continuer ainsi au moteur ne sachant toujours pas combien il consomme et combien fait exactement notre réservoir principal… On va donc se poser un peu, un jour ou deux, reprendre un grib, afin de repartir avec le vent…

Les cayes apparaissent peu à peu à tribord. Ce sont des centaines d’îlots déserts et inhabités, pas très volumineux, souvent constitués de mangrove et protégés pour la plupart par des bancs de coraux. Nous optons pour un mouillage facile, entre deux cayes, qui ne nous éloigne pas trop de notre route principale.

Les cayos en question…

Nous croisons un autre voilier qui comme nous fait route pas bien vite le long des îles au moteur. A quelques milles de l’arrivée, il troquera sa grand voile aussi inefficace que la notre contre un taud de soleil ! Nous n’osons pas faire de même et tentons de nous protéger en accrochant le doudou de Yoda (un grand paréo) sur la bôme pour avoir un peu d’ombre dans le cockpit…
Alors que j’ai tiré vainement mes deux lignes de traîne durant ces 3 jours passés, c’est naturellement au moment de l’arrivée et au moment de clôturer la session pêche, qu’un poisson se décide enfin à croquer mon leurre Poulpy Prairie ! Malheureusement c’est un décroché et j’ai bien failli partir à la baille lors de la touche… Je comptais aussi beaucoup sur Poulpy Barbie mais celui ci a disparu hier. Sûrement dans l’estomac ou pendouillant à la bouche d’un de ces voraces qui ne veulent pas se laisser attraper…On dit que les eaux de Cuba regorgent de poissons. Je me promets secrètement de faire mieux la prochaine fois et de soigner la confection de mes lignes. Du poisson, on va en bouffer !

Un groupe de dauphins passent au loin survolés par des frégates. Nous apercevons des tortues qui pataugent à la surface. L’eau est si claire qu’on visualise très bien le fond de corail sous le bateau à 15m plus bas ! Ca y est, le mouillage se dessine droit devant, on y est… :)

A Deshaies

On a joué toute la journée mais là du coup, on rigole un peu moins.
Nous arrivons assez tard sur Malendure, juste en face de la réserve Cousteau. Le soleil est déjà rasant et nous ne connaissons pas l’endroit. Nous trouvons une petite place derrière les autres par 9 m de fond de « tenue incertaine » et nous sommes un peu trop prêts des caillasses à notre goût. De plus, le vent nous porte justement vers ces rochers qui avec l’obscurité grandissante semblent se rapprocher. Le mouillage est aussi terriblement inconfortable ! Une épaisse houle de sud nous ballotte, c’est l’horreur… Alors quand notre breton de voisin joue essaie de jouer quelques notes sur sa cornemuse, l’ambiance devient carrément sinistre et on a très envie de se barrer très très vite de là.

Mais fait nuit autour alors au lit ! On dormira très peu et très mal…

Dès le lendemain, on quitte l’endroit. Direction Deshaies, notre dernière escale guadeloupéenne avant de tracer sur Antigua… Petite navigation au moteur car pas un souffle de vent sur une mer presque d’huile. Ma ligne de traîne nous ramènera une grosse orphie à la bouche pleine de grandes dents… (Et pas si dégueu que ça finalement à la poêle !)

Renaissance embouque dans l’anse de Deshaies sous d’énormes rafales de vent venant pleine face. Raaah je stresse un peu car ça va être sport le mouillage dans ces conditions !

Finalement cela se passe bien et nous balançons l’ancre en plein milieu de la baie pas trop prêts ni trop loin des autres… Cool. Une heure plus tard, les grosses rafales ont disparu, il n’y a plus du tout de vent et les bateaux commencent à se balader autour de leurs ancres… Gaffe à l’évitage !

Deshaies est assurément un bon mouillage. Pas rouleur du tout, assez grand pour ne pas être entassés les uns sur les autres et le village est mignon, caribéen et paisible ! Et puis nous sommes sur Basse-Terre, donc c’est un lieu stratégique pour découvrir la forêt tropicale et la superbe plage de Grande Anse tout à côté…

Sinon, on s’essaiera à la pêche du bateau car un gros banc de petits poissons squattant la coque de Renaissance se font bouffer par des plus gros. Les pauvres complètement apeurés sautent dans tous les sens à chaque attaque et nous en retrouvons des dizaines morts échoués et desséchés dans l’annexe. Voire tous raplaplas car coincés sous les lattes ! Parmi les prédateurs, nous remarquons des carangues mais surtout une magnifique thonine. Alors nous récupérons les cadavres et tentons de l’appâter, en vain… Par contre les carangues (ciguatera) et les orphies semblent plus intéressées. Après une heure, nous avouons notre défaite et rangeons tout le matos éparpillé sur le pont. On aurait pu manger de la Yoda aussi tellement les hameçons lui plaisaient, mais bon, on s’est dit qu’on préférait se la réserver pour plus tard en cas de gros coup dur…

Nous resterons quelques jours ici à profiter de cette quiétude et du wifi (payant).

La clearance de sortie se fait au magasin de souvenirs Le Pélican, à 4 euros pour l’ordi. Agréés par les douanes, ce système doit certainement plus leur rapporter que l’ensemble des babioles à touristes vendues dans leur boutique vus le nombre de bateaux transitant par Deshaies ! Bon en même temps, quel bonheur de pouvoir faire ses formalités rapidement et au village. Nous sommes également en train de tester Eseaclear, site internet de pré-enregistement pour faire ses formalités à Antigua-et-Barbuda. Apparemment cela faciliterait et accélérerait grandement la paperasse. A voir donc à l’arrivée…

Mercredi, le vent vire au sud-est, parfait ! Donc cap sur la british Antigua !