Archives du mois de novembre, 2009

Nouveau port, nouveau décor

Cela fait maintenant quelques jours que nous sommes au port de Sète et petit à petit on se fait à ce nouvel environnement.
Le Môle Saint Louis compte 345 anneaux et nos premières impressions sont plutôt bonnes.
La capitainerie qui est flottante nous a accueilli très sympathiquement ! C’est un petit port super vivant qui nous change de Port Camargue. C’est toujours surprenant de voir autant de monde sur le ponton. Bon ok, nous sommes au ponton dédié aux visiteurs mais quand même ! Pour ce qui concerne les tarifs, un mois à Sète nous coûtera 331 euros ainsi qu’un supplément de 30 euros mensuels car nous vivons à bord.

Ah oui ! Ca y est ! Le voilier est désormais également mon chez-moi. J’ai emménagé il y a peu, ramenant avec moi quelques cartons au grand dam du capitaine qui considérait mes affaires comme une espèce de bordel inutile sur le voilier ! J’ai donc du lutter pour les lui faire accepter :) Et sincèrement… Si on devait objectivement comparer qui de nous deux possède le plus grand bazar qui ne sert à rien sur le bateau, je ne serai pas en tête de liste mdrr !
« C’est quoi ce truc, c’est à jeter ? » (Je tiens alors dans les mains une sorte de fil tout tordu et à moitié pourri) … « Euh non mais c’est à garder, on ne sait jamais ! » …
Bah voyons, et c’est moi qui entasse…

Sinon, il fait beau et bon ! Sète est une ville pleine de charme et de petits coins à visiter. Côté boulot sur Renaissance, on n’avance pas du tout en ce moment. Il faut dire que Jean-Rémy reprend le travail lundi prochain, moi le lundi d’après, alors entre repos et ballades, on profite avant de reprendre …

voilier maison Sète au port
Les petits points noirs du tableau :
Le voilier comme tous les autres bateaux bouge relativement beaucoup à chaque passage de chalutiers et autres…
La propreté des eaux du port est plus que bof…

Six garçons dans le vent – DVD


Auteur : Olivier Marchon
Parution : 2007 ?
Durée : 105 minutes
Bande-annonce : Voir plus bas

Le Cap-Horn comme si vous y étiez !
Tahiti, décembre 2003.
Les six équipiers de l’Elora partent vivre le rêve de tout marin : la conquête du Cap-Horn. En chemin, ils espèrent affronter les fameuses tempêtes des 40èmes Rugissants et 50èmes Hurlants. Mais leur quête sera semée d’embûches…
L’Elora et son équipage arriveront-ils sans encombres à Ushuaïa, leur destination finale ?

Olivier Marchon pose un regard différent sur l’aventure et vous invite à partager la vie de ces six marins ordinaires.

Que dire ? Film très sympa à regarder ! Très loin du DVD de voyage, il nous plonge dans l’aventure d’une bande de potes à la conquête du Cap-Horn… Et petite parenthèse intéressante, ils n’étaient pas six marins à bord mais sept ! Le septième garçon et les coulisses de la production sont par ici…

(Et un deuxième merci aux voisins tiens :)

 

La rage de survivre – Bouquin

livres Auteur : Jacques Vignes
Parution : 1973
Edition Arthaud, mer
216 pages

En 1972, un homme et une femme, Lucien Schiltz et Catherine Plessz, vont dériver douze jours dans un canot pneumatique spartiate, instable, sans nourriture, avec seulement un peu d’eau.

Après le naufrage de leur voilier le Njord, ils vont devoir subir les tempêtes, plusieurs chavirages, les affres de la faim et de la soif.

Leur récit démontre une grande résistance à des facteurs extrêmes dominés par des dangers de mort constants.
L’étude de leur relation est étonnante, en particulier au niveau des réactions psychologiques faites d’hallucinations et de délire pour Lucien, et plutôt de repli et de résistance « consciente » pour Catherine.

Hum. Tout simplement une incroyable aventure ! Tout au long du récit et jusqu’à la dernière page, on oscille comme les deux personnages entre espoir et désespoir tellement ce livre est prenant. Facile à lire et surprenant, il amène à réfléchir sur ses capacités personnelles et sur les ressources que chacun de nous possède…

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • lucas plessz
  • la rage de survivre lucien catherine
  • livre survivre bateau naufrage
  • lucien schiltz voile
  • voilier la catherine

Suite, l’arrivée au port de Sète

Mais elle est où cette saleté de port !? C’est encore loin ?

Jean-Rémy me montre du doigt l’entrée du port et nous devons enrouler la trajectoire du voilier pour rentrer côté ouest. Nous sommes frigorifiés, tremblant de partout, mais véritablement soulagés d’arriver enfin à destination. On va pouvoir se sécher, se changer, se réchauffer et manger un bout. Mais point de réjouissances trop rapides ! Il nous reste encore une épreuve et non des moindres. Nous devons d’abord trouver le port de plaisance, s’amarrer, puis filer à la capitainerie afin de voir si nous devons bouger le bateau vers un autre emplacement… La fatigue et le froid me font douter sur mes capacités à pouvoir faire tout ça.

Le voilier s’avance tranquillement dans le port croisant quelques gros bateaux de pêche. Nous sommes à présent hors de portée du vent qui semble être tombé d’un coup. Nos yeux cherchent la capitainerie qui se dessine alors un peu plus loin devant nous. Ok, la voici, mais par contre, où devons nous nous amarrer ? Les quais sont super hauts ; les taquets d’amarrage sont énormes et ne conviennent pas pour un petit voilier comme le nôtre. Nous nous avançons afin de voir de l’autre côté. Idem. Tant pis, on se pose là, le long de ce quai désert surement réservé aux bateaux de pêche mais on n’en a pas pour longtemps. Tout en douceur le voilier vient se caler contre un gros pneu qui serre de pare-battage au quai. Nous prenons quelques minutes pour virer nos vêtements trempés qui nous collent poisseusement. Au sec ou presque, ça va déjà mieux ! On saute à terre, en route ! Euh… une barrière de plus de 2m se dresse devant nous, nous faisons le tour…
Deuxième et dernière barrière ! Nous sommes coincés sur le quai mdrr ! Donc après une petite escalade, nous voici dans la capitainerie face à un monsieur qui nous explique que nous ne sommes pas au bon endroit et que lui, il gère le port de pêche. Arf, les idiots, on aurait pu s’en douter. Il nous fait appeler la capitainerie du port de plaisance, rendez-vous au ponton C en bas du phare.
Après avoir remercier monsieur et après avoir encore sauter une barrière, nous remontons à bord et prenons la direction du port de plaisance. Il se situe en fait bien plus à l’entrée, nous ne l’avions pas vu… situation qui peut être explicable par la nuit tombante. Ponton C ? Pas de ponton C mais un ponton 6 avec de la place pour les visiteurs. Deux essais vains avec des cailloux qui se rapprochent, puis une réussite avec une pendille à fixer à la proue… Heureusement que cette barre incertaine a tenu, sinon nous courrions à la tragédie. Nous y sommes !

La capitainerie est maintenant fermée, nous nous présenterons plus tard. Le voilier se branche, et commence tout doucement à se réchauffer. A son bord, nous sommes deux carcasses heureuses d’être arrivées et vidées d’énergie. Nous allons pouvoir nous reposer puis nous remplir la panse. Et puis Morphée nous attend… Quelle journée !

Port Camargue – Sète, cette galère

Nous sommes mardi 10 novembre et aujourd’hui, nous prenons la mer direction Sète…
En fait, ça fait déjà quelques jours que nous attendions patiemment que le vent souffle moins et également du bon côté ! Ce jour, le vent s’est un brin calmé (tu parles) et le soleil devrait pointer le bout de son nez (bah voyons)…

Vers les 11 heures après avoir tout rangé et tout préparé, nous récupérons nos amarres et nous prenons la direction de la capitainerie afin d’y déposer la clé… C’est fait, allé en avant, le voilier se dirige à présent vers les digues pour sortir du port. Le vent souffle relativement bien, il fait froid et le temps est tout gris.

Et là, c’est le drame ! Le système de barre nous lache d’un seul coup en plein milieu de l’avant port ! La catastrophe, je me retrouve alors à essayer de stabiliser tant bien que mal le voilier en jouant avec le moteur pendant que Jean-Rémy plonge rapidement vers la cabine arrière pour voir ce qu’il se passe ! Il râle et jure en s’abimant les mains sur la chose. Moi, je ne comprend pas grand chose, un truc a bougé ? dévissé… Je me concentre juste pour que le bateau reste au milieu du bassin en faisant attention au vent. Après ce qui m’a semblé être une éternité, Jean-Rémy réapparait enfin et récupère la barre, enfin euh, le pilote automatique qui lui fonctionne plus ou moins. La barre est pour le moment hors-service.

ptit souci Eole et ses caprices en nav

Embruns dans ta poire

Nous revoilà tout près de la sortie du port, mené par un pilote automatique relativement handicapant du fait de son temps d’action qui s’avère être assez long. De plus, les vagues formées par un vent de 25 nœuds nous frappent brutalement de face et déstabilisent sans cesse la trajectoire du pilote. Jean-Rémy joue des boutons sur la commande automatique.
Le voilier zigzague dangereusement entre les deux digues. Les rochers se rapprochent, puis s’éloignent avant que ce soit ceux de l’autre côté qui semblent venir à notre rencontre. Pas croyants pour un sous, je crois qu’à ce moment-là nous avons tous les deux prié pour que ça passe ! Et c’est passé oui, mais sincèrement, pendant un bref instant, j’ai vu le voilier échoué sur une de ces digues…
A posteriori, je me demande vraiment pourquoi nous sommes quand même partis, sans barre. Cette situation aurait peut-être pu être dramatique et elle était un peu inconsciente.

ptit souci Eole et ses caprices en nav Enfin, nous voici en
mer. Le vent souffle maintenant plus fort et la mer est formée. Le voilier gigote tellement sur l’eau que nous décidons de mettre les gilets en sécurité. Un bout de génois seulement et nous filons
déjà à 6 nœuds. Le voilier est un coup sur-toilé et un coup sous-toilé à cause des rafales qui vont jusqu’à 35 nœuds… Nous avançons alors à une vitesse variant entre 4 et 7 nœuds.

Le premier tiers de la navigation s’est plutôt bien passé, nous étions certes secoués mais toujours au sec donc le moral était là. Un soleil voilé nous accompagnait. Et puis ce fut l’anémomètre qui nous abandonna mais ce ne fut pas tragique en soi. A demi léthargique, je me sentais bien, je n’avais alors pas trop froid et je me laissais agréablement bercée par la houle. Nous étions au
près serré et la barre remarchait à condition d’y aller molo.
Puis, c’est l’éolienne qui a fait des siennes. En effet, elle s’est mise tout d’un coup à hurler anormalement et à tourner à une vitesse inquiétante…

Le temps, le vent, la houle, tout ça s’est progressivement amplifié à notre grand désespoir. La mer est devenue toute hachée et le pont était trempé à chaque vague. La proue du voilier tapait dans les vagues avec bruit. Là, on a vraiment commencé à déchanter. Le froid nous grignotait malgré nos couches de vêtements. Les vagues se faisaient de plus en plus fortes nous arrosant froidement à chaque fois. Un bref allé-retour à l’intérieur du bateau signa pour moi le début des festivités. Après avoir dérapé dans la descente, j’ai la joie de dire bonjour aux nausées, sensation de mal-être, maux de ventre et d’estomac ! Et ni une ni deux me voici malade toute blafarde la tête au dessus de la cuvette ! Je suis vraiment pas bien et je maudis ce vent et surtout cette mer… A peine allongée dans le carré, les nausées m’assaillent de nouveau. Ça a duré un bon moment avant que poussée par Jean-Rémy, je réussisse à me trainer sur le pont.
Tout est à présent mouillé, l’eau ruisselle sur les bancs du cockpit, le capitaine est à la barre, les mains et le visage bouffés par le froid. Chaque vague nous arrose gracieusement, nos jean’s sont trempés et nos pieds aussi.
Il fait trop froid, on grelotte, comme si nos tremblements pouvaient nous réchauffer mais je doute sérieusement sur cette possibilité. L’air et le froid me revigore peu à peu mais je reste faible.
Je m’imagine la chaleur d’une pièce chauffée et un bon repas chaud mais cette dernière pensée fait tressauter mon estomac. La fatigue nous gagne, et il faut dire que nous n’avons même pas pu manger un bout.

Nous sommes maintenant au moteur et nous filons droit vers le port de Sète.

Le temps parait s’éterniser.

ptit souci Eole et ses caprices en nav

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • cyril brocher voile

Un voilier maison

Etat des lieux fait, remise des clés ok, caution récupérée… J’abandonne maintenant le petit appartement qui m’a accueillie pendant mes trois ans et demi d’études. Je tourne ainsi une page. Ca fait toujours bizarre de quitter ce qui a été son chez-soi, j’en suis un peu mélancolique. Et pourtant, Arles, ses rues étroites, son Rhône et surtout la promiscuité que j’avais avec mes voisins ne me manqueront pas…

Faut dire que c’est une toute nouvelle aventure qui m’attend ; celle de vivre avec Jean-Rémy à bord du voilier ! Bref, faire de ce bateau un sympathique chez-nous ; un petit cocon bercé sur son plan d’eau. Même si personne ne m’a rien dit, je crois que mon entourage a pensé que cette idée de vivre à bord était un peu farfelue, et ils n’ont peut-être pas tord à près tout ! Quel intérêt peut-on trouver à quitter la sécurité et le confort d’une habitation pour aller se carapater dans un bateau riquiqui tout comme des associaux anti-conformistes ? Riquiqui… Et étouffant, et humide et qui gigote sans cesse ! Haha allez donc savoir… :)

Pour ma part, je n’ai qu’une hâte, c’est de rejoindre le loubard dans son antre avec mes trois cartons. Je m’y vois déjà, tous les deux vivant d’amour et d’eau fraîche, naîve utopiste que je suis ! Résider sur son voilier offre certains avantages (le premier étant financier, faut pas s’leurrer…) mais aussi certains inconvénients. Celui qui vient directement à nous, c’est le fait de ne plus avoir d’adresse postale. Nous nous sommes donc arrangés pour rester chacun domicilié chez nos parents, ces derniers auront donc la tâche de récupérer lettres et courriers et de nous tenir informer de l’urgence de ces derniers…

Bientôt nous rejoindrons Sète, lieu premier de ces nouvelles pérégrinations ! A partir de là, nous serons donc des espèces de vagabonds en bateau, des marginaux de pontons, des manouches flottants ou simplement une pomée accompagnée d’un hirsute qui ne sait pas trop dans quoi elle met les pieds…

 

Oh et puis appelez-ça comme vous l’voulez… :)

 

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • voilier maison
  • voilier fait maison