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Episode 3 : Des Açores à la Galice !

A lire trop de blogs relatant les dernières transat au départ des Açores, je m’étais mis dans le crâne que nous aurions une navigation semblable aux autres ; c’est-à-dire toute grise, humide, pluvieuse et monotone (enfin si pas de dépression à l’horizon !)…
En fait, j’avais complètement tord. Nous avons eu la chance d’avoir un temps en or, super ensoleillé et plutôt chaud tout au long de notre dernier périple !
Bon ok, cette photo prise le jour du départ ne reflète pas du tout mes propos :)

Pour reprendre un peu le déroulement de cette navigation, nous nous sommes donc lancés dans l’aventure le mardi 16 juillet de bonne heure et de bonne humeur. A la sortie du port, vent de sud-ouest tranquillou et mer plate durant la première journée, parfait pour slalomer entre les nombreuses baleines qui transitent dans le coin. Et heureusement ! Car nous étions quand même en route de collision parfaite avec deux de ces bestiaux !

Cette seconde journée nous amène un vent d’ouest-sud-ouest plutôt capricieux. Un coup trop faiblard, un coup correct ; nous enchaînons toutes sortes de manœuvres à bord. Mais marre de hisser et d’affaler la grand-voile toutes les demi-heures, nous finissons donc sous génois seul… avant de renvoyer pour terminer la journée en ciseau !
Le lendemain, le vent est passé au nord-ouest et a forcit progressivement jusqu’à atteindre les 18 nœuds grib, donc plutôt 25 à 30 en rafales « sur le terrain ». Les données grib étant très souvent inférieures aux vrais vents rencontrés, faut juste le savoir avant… La houle s’est également levée, formant une mer du vent de travers courte et désagréable. Par confort, nous avons préféré abattre un peu afin de laisser Éole bien dans notre dos. Renaissance file sur cette mer pas cool et sous un ciel tout pourri avec 3 ris GV + mini bout de génois devant. Nous serrons les dents et croisons les doigts pour que les voiles tiennent encore le temps qu’on rentre… On y est presque !
La nuit sera difficile. Les grains se succèdent sans relâche. Plusieurs vagues ont rempli le cockpit et une particulièrement mauvaise est arrivée jusque dans le carré ! Heureusement, l’eau s’est écoulée côté cuisine et non côté table à carte… En plus il pleut toujours ; c’est pas top…
On attaque notre quatrième jour de mer et déjà 390 milles parcourus sur le cap ; soit 130 milles journaliers ; ça va on ne se plaint pas ! La dépression s’est enfin évacuée vers le nord-est et le vent redevient maniable… avant de mollir et de disparaître une bonne fois pour toute ! Les fichiers météo (on les réactualise tous les un ou deux jours) nous annoncent à présent au moins 48 heures de pétole ! Nous allons traverser une zone anticyclonique et avancer malheureusement à ses côtés…
Sinon, le ciel est magnifique ! Pas un seul nuage sur tout l’horizon et la mer s’apaise d’heures en heures. Vraiment rien de comparable avec la journée d’hier qui est déjà pratiquement oubliée…

Pas un souffle sur cette mer d’huile !

Notre gros monstre passe à l’attaque !

On papote, on papote et on oublie de faire une veille sur 360°. Merdouille et stupeur, voilà un cargo assez proche sur tribord avec une trajectoire peu rassurante ! « Big ship, big ship, big ship, euh c’est le petit voilier droit devant, nous voyez vous ?!!? » Apparemment personne ne veillait non plus à bord puisque que le voilà qui amorce rapidement un large virement de bord juste après notre appel VHF ! Ouf…
J5 et 665 milles derrière nous ! Plus que 210 pour atteindre Vigo. Toujours au moteur depuis le début d’après-midi de la veille et ça risque de continuer encore un peu comme ça. Note : nous faisons une route un peu plus au nord car les prévisions météo nous annoncent pas mal de vent de nord juste devant la péninsule ibérique pour notre arrivée… Pas terrible ! Même si un courant portant nous aide depuis le début, nous accélérons un petit peu le régime moteur pour tenter de passer cette barre avant le plus gros du vent, et si possible avec un vent inférieur à 20 nœuds ! Parce qu’on sera au près ce coup-ci, snif…
En y regardant plus attentivement, on remarque finalement que ça ne sert à rien non plus de monter trop nord, car devant le cap Finisterre, le vent s’enroule autour de la côte et est plutôt nord-nord-est ; ce qui nous amènerait à faire encore plus de sud… Du coup, on décide de tracer le plus vite possible, pratiquement en ligne droite na !
On tient les comptes et surveillons notre conso de gasoil en remplissant dès que possible le réservoir principal. Il semblerait que nous soyons à 2,3 litres par heure.
Pas grand chose à rajouter pour aujourd’hui. Pas mal de repos pour tous les deux, on alterne les quarts de 3 ou 4h, ou plus selon la forme…

Ci dessous nos petons ! Double paires de magnifiques chaussettes pour moi (avec le pantacourt pour le style !) et le dispositif anti pieds qui puent de JR ! (Y’a vraiment que Yoda qui tolère l’odeur !) :)

 

Souci mécanique ! Les deux batteries de devant ont littéralement fondu ! Un problème d’alternateur qui débiterait trop malgré le régulateur en place ! Pas dramatique en soi puisqu’à bord de Renaissance, nous avons trois parcs de batteries. Une batterie dédiée au moteur, 3 de 110 Ah de servitude et 2 de 65 en rab qu’on utilisait pour le guindeau et pour le Lectra-san. Obligé donc de les débrancher et de surveiller attentivement les autres ! Sinon, bah, on attend le vent…

On re prépare notre arrivée…

Début du sixième jour, plus que 75 milles maintenant donc un atterrissage normalement pour ce soir.
Enfin ! Après 56 heures de moteur (jamais fait autant !), le vent nous est arrivé tout doucement pour s’installer de nord. Avec 20 nœuds au près, nous prenons deux ris dans la grand-voile et réduisons également le génois. Nous tenons pratiquement le cap !
A cinquante milles de l’Espagne, c’est la foire aux cargos. Nous en comptons pas loin d’une trentaine en à peine quelques heures et ces monstres se croisent dans tous les sens. Le radar nous est d’une aide précieuse pour les voir avant qu’ils n’apparaissent sur notre ligne d’horizon, ainsi que pour suivre leurs trajectoires. Juste une petite frayeur avec un gros qui refusait de modifier son cap…

Bon celui-là passe devant, lui derrière, celui-là est déjà passé ? Celui-ci ? Et l’autre ??

C’est en toute fin de journée et perdue sous une petite brume rosée que la Galice se révèle enfin ! Ce paysage nous ravit ; la luminosité et les couleurs sont vraiment superbes. A quelques milles de l’arrivée, l’ambiance est joyeuse à bord ! :)

Par contre, le fait que nous ayons accéléré notre rythme de croisière nous a permis d’éviter le vent fort de nord (et on a bien fait !) mais ne nous épargne pas d’une arrivée de nuit ! Dans une ria qu’on ne connaît pas ! Nos principales inquiétudes sont les cargos (fréquents) qui rentrent et qui sortent de Vigo à toutes heures, les probables casiers des péchou invisibles dans l’obscurité et le fait de pouvoir trouver facilement une place libre dans une des marinas…
Finalement, nous sommes happés par l’imprévu et notre stress complètement envolé ! Un voilier est en panne de moteur à l’entrée de la ria et nous demande assistance car il n’y a plus un souffle de vent. Nous voilà donc en manœuvre de remorquage de nuit en plein milieu du rail des cargos puis en convoi tout éclairé ! Seul un gros arrivera à ce moment là nous gratifiant au passage de quelques coups de projecteurs dans la tronche…
Super feux d’artifice également pour fêter dignement notre arrivée après 6 jours et demi de mer depuis les Açores !
Et c’est vers les 23h30 mardi 22 juillet que Renaissance terminera son voyage et s’amarrera tout doucement dans la marina simple d’accès et vide de Punta Lagoa.
Après extinction du moteur, pas un bruit ne vient perturber le calme des lieux. Silence assez déroutant mais oh combien réjouissant lorsqu’on boucle enfin une grande navigation…
Salés, mais bien arrivés et heureux ! :)

Dans la rubrique p’tits soucis du voyage :
Donc 2 batteries bonnes à jeter…
L’éolienne ne marchait pas depuis la dernière navigation, y’avait besoin d’une toute petite bidouille mais n’était pas réparée. Mais si vous saviez quel bonheur c’est de ne pas l’entendre s’emballer lorsqu’il y a beaucoup de vent… Mine de rien, elle en rajoutait une couche !! Les panneaux solaires ont suffit et puis euh, avec le nombre d’heures moteur que nous avons fait hein…
Un mauvais coup de gîte et hop, JR vient juste d’arracher la porte de la salle de bain avant !! Euh faudra tout remettre en place avant l’arrivée de nos invités…
Les matelas de la cabine avant ont pris l’eau ! De l’eau douce, car deux bouteilles d’eau minérale en plastoc se sont fissurées et les équipets sont juste au dessus.
Le matelas de la cabine arrière est également mouillé : vagues à répétition + manches à air non obturées… Va y avoir du nettoyage en perspective ! Une vague dans le carré à cause de la descente mal fermée. Mais restons lucides, même correctement fermée, cette dernière n’est de toute façon pas totalement étanche…

Transat retour 1 : Des Bahamas aux Bermudes

C’est le grand saut ! Mercredi 21 mai, nous levons l’ancre vers 9h et amarrons le bateau au fuel dock pour un tout dernier plein d’eau et de gasoil avant d’appareiller pour les Bermudes. Maintenant, c’est parti pour 815 milles très exactement ! (En fait, faut que je vérifie mdrr)
Le temps est radieux, Renaissance s’élance sur une mer plate et sous un ciel ensoleillé. Nous hissons la grand-voile avec un ris et le foc en prévision de cette journée au près serré. Tout est calme et tranquille.
Dans l’après-midi, les conditions évoluent. Le vent grimpe à 20-25 sous d’énormes lignes de grains. Première avarie : le point d’écoute du foc ; l’anneau en inox se pète en deux alors qu’une rafale plus grosse que les autres nous bouscule. Merde ! Nous nous grouillons d’affaler et de rétablir un bout de génois à l’avant. Et voilà une voile de moins ! Notre humeur en prend un coup, d’autant plus que nous tirons des bords désastreux. Les grains nous amènent du vent complètement farfelu avec lequel nous peinons à remonter… Six heures après notre départ, nous sommes attention à…10 milles au vent de Nassau ! La loose ! A ce rythme là, on n’est pas rendu ! Et maintenant, voilà pas le capitaine qui en plus en rajoute une couche, qui râle à qui peut bien l’entendre (euh bah moi en l’occurrence), que rien ne va, qu’on n’arrivera pas à sortir des Bahamas, que c’est tout pourri, qu’il y a des grains partout, qu’on avance pas, blablabla… A ce moment là, une petite envie de l’assommer avec la manivelle de winch m’a légèrement chatouillé hum… Je le sais bien que c’est seulement le premier jour de la traversée mais pas la peine de se répéter tous nos malheurs en boucle oh !
En fin de journée, le vent devait prendre plus d’est mais évidemment il n’adonne pas comme prévu. Nous perdons peu à peu patience entre ces grains maintenant sans vent qui nous encalminent et ces nombreux paquebots qui nous empêchent de virer au moment où on le voudrait. Dans la nuit enfin, nous quittons le chenal entre Eleuthera et Great Abaco. Au revoir les Bahamas. JR me dit de ne pas leur dire adieu, que cela nous porterait la poisse… Au petit matin, tout va mieux même si nous faisons du 25° au lieu des 60° en tout droit sur les Bermudes… Qu’importe, on avance et à peu près dans le bon sens en plus !
Comme les prévisions météo l’indiquaient, le lendemain, une zone sans vent nous bloque la route et ce, pendant une journée. Nous mettons donc le moteur en marche car nous souhaitons choper le vent de sud-ouest prévu un peu plus haut à partir de demain. Début de journée très désagréable, le bateau tape dans les creux mais fort heureusement cela ne dure pas. La houle s’estompera peu à peu pour nous permettre ensuite de filer sur une mer archi plate et presque d’huile.

Tiens, Yoda est réapparue aujourd’hui après avoir passé sa première journée de mer à comater sur la banquette du carré. Là, elle est en train de se frotter et de lécher les chaussettes puantes de JR ! Pouaah la pauvre, elle ignore sûrement à quel risque elle s’expose…
Ok la brise diesel c’est chiant, c’est bruyant et ça réchauffe le cœur du bateau… mais au moins, cela a le mérite de nous faire avancer tout droit vers notre destination tout en nous calant à 5 nœuds. Nous croisons deux cargos ainsi qu’un voilier faisant route inverse.

C’est drôlement beau, non ? J’aime…

Troisième jour et nous touchons maintenant la queue d’une dépression qui nous amène du vent de sud-ouest. Malheureusement, après notre première journée « galère », nous avons pris du retard et sommes un peu trop au sud de la zone. Du coup, le vent est assez faiblard pour pousser notre coque. Dilemme : avancer encore au moteur vers le nord pour trouver du vent plus fort, ou se contenter de ces petits 10-12 nœuds de vent portant ? Et bien comme nos réserves de gasoil sont comptées, nous nous mettons sous voiles et décidons de faire avec ce qu’Eole veut bien nous donner. Nous tentons alors de nous mettre en ciseau, mauvaise idée. Il y a un peu de houle, les voiles claquent, cela nous stresse et nous craignons une nouvelle déchirure. Et le gréement qui trinque… Bref, après avoir essayé pleins de configurations possibles, nous finissons par faire route juste avec un bout de génois tangonné. Notre vitesse n’est pas folichonne, entre 2,5 et 4 nœuds au mieux, mais nous avançons, tout en roulant d’un bord à l’autre…

Les copains sont de la partie !

Durant la nuit et le lendemain, le vent monte très légèrement mais cela nous permet enfin de renvoyer de la toile. Nous sommes maintenant en ciseau et progressons un peu mieux avec un bateau un peu plus appuyé donc plus confortable.
Pendant ces deux derniers jours, le ciel est resté incroyablement vide et bleu ! Aucuns nuages sur tout l’horizon, c’est une chose rare qu’on ne voit pas si souvent dans le secteur. Par contre, ce soir, à bâbord, nous pouvons observer au loin, une masse blanchâtre, pas très nette, assez diffuse, qui semble tout doucement se rapprocher de nous…

Pas un pet nuageux, photo de la veille… (Tiens ! Une empreinte de doigt sur l’objectif ! :)

A la nuit tombée, c’est carrément le gros flip’ ! Ce ne sont pas de simples nuages qui se sont rapprochés ; mais ils forment en fait une énorme barre orageuse qui couvre toute la moitié ouest de notre horizon. Celle-ci est particulièrement active et des dizaines d’éclairs apparaissent chaque seconde. Des jaunes, des blancs, des espèces de boules rouges qui semblent exploser… Jamais nous n’avons vu un tel spectacle. Nous aurions été à terre ou au moins au port, on se serait sûrement dit wahou, qu’il est beau ce feu d’artifice naturel. Mais là, en pleine mer, on n’en mène pas large ! Et surtout que ça continue de se déplacer vers nos tronches… En fait, depuis Cuba, on parle d’orages et de trombes marines. Alors possible que ce coin soit particulièrement concerné par ce genre de phénomènes, je n’sais pas. Sans être trop paranos, nous faisons attention « aux signes » qui nous entourent et à vrai dire, en ce moment le sujet de la foudre revient régulièrement. Lecture de blogs qui en parlent sans avoir cherché ce thème, rencontre avec un bateau qui s’est pris la foudre, un autre Westerly Sealord qui vient également d’avoir quelques soucis, etc… Bref, on est tout stressé parce que même en fuyant à l’est, on va devoir y passer sous cette barre orageuse. On chope iridium, gps portable et vhf qu’on colle dans la cocotte, et l’ordi dans le four ! Des fois que ces pseudo cages de Faraday de radio ponton fonctionnent… Avant que les orages ne soient trop près, JR va enlever le tangon, on affale tout et on rentre se cacher à l’intérieur du bateau en faisant route au moteur. J’entends le tonnerre qui gronde. L’attente est lourde, on a l’impression d’aller à la potence. On croise les doigts parce qu’en gros, si la foudre tombe sur le mat, elle traverse comme elle peut, et ressort en entraînant très souvent une voie d’eau par éclatement du polyester ou en faisant fondre les passe-coques. Rajouté à ça, un incendie électrique et une perte de tout l’électronique du bord… Ouai, ça fait rêver hein !?
Pendant plusieurs heures, le bateau est illuminé par les éclairs qui ne doivent pas nous passer très loin, puis enfin, plus rien. Nous ressortons de notre cachette et reprenons notre cap initial. Ouf, le monstre est derrière nous et correspondrait peut-être à la rencontre d’un front chaud et d’un front froid…

Cinquième jour. Après cette nuit de folie, nous accueillons joyeusement l’aube. Les orages sont passés mais le ciel reste entièrement bouché. Aujourd’hui, le vent en train de virer progressivement du sud-ouest au nord-nord-est en passant par l’ouest et le nord. Nous sommes donc contraints de tirer un bord à l’est-sud-est et ce, jusqu’à demain au moins ! Pas grave car notre route actuelle est plus à gauche que la route directe Bahamas – Bermudes.
Les grains se succèdent à bon rythme. Du coup, nous sommes un peu sous-toilé pendant une bonne partie de la journée pour ne pas avoir à prendre et à enlever des ris tous les quarts d’heure. Le ciel est morose, mon humeur aussi. JR dort un peu et Yoda s’ennuie… On n’a pas trop vu le soleil. Il fait froid, on n’a pas quitté nos vêtements de quart de toute la journée.

Vraiment pour dire qu’on a vu le soleil aujourd’hui…

Le lendemain, nous faisons toujours du sud-est et attendons que le vent se décide à virer. Mais non, monsieur semble bien installé et ne veut pas passer au sud-est et préfère rester dans l’est. Du coup, notre bord part de plus en plus vers le sud, pas vraiment la bonne route quoi. Fin d’après-midi, il est temps de virer ! JR dort et je le réveille tout en douceur au son d’un : «  Faut virer, l’ordi a planté, y’a plus de cartographie ! » Le réveil est rude. Mais non j’ai rien touché moi ! C’est la faute de ton ordi pakistanais ! (NB : Acheté en duty free à Saint Martin y’a quelques mois, ooh là on avait fait l’affaire du siècle ! Le truc avait même pas une semaine que la barre d’espace ne marchait plus et que l’écran grillait en laissant une fumée nauséabonde dans le bateau…)
Nous tirons un bord plein nord de nuit et sous d’énormes grains menaçants plus noirs les uns que les autres. Au radar, nous visualisons une petite tache bien ronde juste à un mille derrière nous ! Pas de feux, pas de bateau, nous pensons à une trombe qui s’éloigne rapidement…
Après plusieurs dizaines de milles sur ce bord, nous sommes forcés de constater que nous faisons maintenant du nord-ouest au lieu de nord-est ! On s’éloigne donc des Bermudes ! Il faut re-virer au sud-est et attendre patiemment la renverse… Première fois que les gribs se plantent, ils la prévoyaient pour hier soir ! On a déjà la houle, le vent va suivre, patience…
Mardi, septième jour. Enfin dans la soirée, le vent vire comme il faut et voilà Renaissance qui file maintenant au nord-est ! Cool, nous sommes enfin sur le bon cap, on commençait à désespérer là !

Un oiseau curieux nous tient compagnie, qui est-il ?

Y’en a une qui ne loupe rien des acrobaties du piaf…

Le lendemain, nous passons une magnifique journée au travers ! On est content car nous avons rarement la chance de naviguer à cette allure. Il fait beau, le bateau marche super bien, et c’est particulièrement confortable. Et oui, cela nous rappelle qu’y’a pas que le près serré et le portant dans la vie héhé ! Le vent et la houle montent dans l’après-midi alors que les prévisions météo les annonçaient plus faibles mais ça reste agréable. Alors que nous faisons les nigauds à se marrer et à observer l’affichage erroné du loch (vitesse du bateau) pendant les surfs de Renaissance, le pilote auto se manifeste et décroche tout seul. D’un coup, c’est plus trop drôle surtout que l’atmosphère s’assombrit également au passage d’un grain et que le vent accélère. Merde, oh non, pas le pilote auto… On éteint notre troisième équipier et rallume, ça fonctionne, ouf. Apparemment ça s’rait de ma faute, j’aurai étouffé le calculateur du pilote sous des sacs de bric et de broc… Fallait le dire plutôt ! Ok, dans le placard sacré, on ne met pas de boîtes de conserve non non, et on ne le bourre pas non plus à craquer de sacs…

Pas de doute, nous sommes bien sur la mer des Sargasses

Attentioon !! Méchant grain derrière toi !

Vitesse du bateau : 14, 3 nœuds avec 13 nœuds de vent ?

Nous calculons qu’il nous reste maintenant moins de 200 milles à faire avant de toucher terre ! Ce qui devrait nous faire arriver… bah demain, tiens (déjà) ! Il annonce du 15-20 nœuds de ouest-sud-ouest pour cette nuit et demain, c’est tout bon pour nous ça, yé…
Le temps que le vent s’installe correctement, nous faisons route au moteur sur une mer qui s’assagit… Puis nous nous mettons en ciseau pour la nuit même si le vent reste faiblard. Ça doit monter, alors encore une fois, restons patients…

Enfin un super coucher d’soleil !

Jeudi 29, huitième et dernière journée de mer !
Pffiou la nuit passée a été très difficile. Nous avons été particulièrement ballottés alors qu’il n’y avait pas suffisamment de vent pour faire avancer notre bateau dodu. A peine 12-13 nœuds derrière, c’est un peu limite pour tenir les voiles par mer formée. De plus, cette nuit a tout simplement été polaire ! On s’est couvert comme on a pu et de tout ce qu’on avait sous le coude mais nos dents n’ont pas cessé de claquer…
Du coup, ce matin, nous sommes fourbus et nous avons mal partout. On se dit qu’il est grand temps d’arriver maintenant. La mer n’est pas très belle aujourd’hui. Un peu grosse, grise et dans tous les sens, je la classe volontiers dans la catégorie « mer pas très sympa ». Ca moutonne pas mal aussi, il y a 18 nœuds de vent, rafales à 25… Nous surfons dans les vagues mais restons sur nos gardes car cette mer croisée à tendance à nous prendre de côté… Et puis, nous sommes en ciseau, le vent un peu trop derrière, un peu coincés entre le génois qui claque, le cap à suivre et le risque d’empanner avec la grand-voile (même si on a une retenue). Le soleil tarde à sortir puis est entièrement caché par les voiles. Pas d’bol, j’arrive pas à me réchauffer… JR a une tête de déterré et se fait trois hot-dogs en guise de petit déj, puis se dit que c’était peut-être un peu beaucoup en avalant sa dernière bouchée mdrr. Il a également arrosé la cuisine de mayo, sympa ! Bon, il nous reste 70 milles à faire, je sens que ça va être long ! La mer continue de gonfler, en particulier la houle d’ouest-nord-ouest qui nous prend aux trois quarts arrières…

Comme à chaque arrivée après une longue navigation, je m’étais fait tout un monde de l’arrivée aux Bermudes, du moins de la découverte de l’archipel sur l’horizon… Genre temps radieux, bateau qui file sous voiles, odeur de la terre, les oiseaux qui piaillent, une escorte de dauphins à la proue du bateau, les cheveux au vent, moi ou lui devant au balcon, grand sourire aux lèvres et criant « Terre, Terre ! » en pointant du doigt l’horizon. Bah non, là, en l’occurrence, c’est pas vraiment ça. Nous sommes à présent sous une brume épaisse, on n’y voit pas grand chose mais pourtant la terre est bien là devant. Nous grelottons et nous sommes malmenés par une mer vraiment pas cool. Plus que quelques milles, une éternité…
Passé la pointe sud de l’île, ça va déjà mieux. La mer s’ordonne, le vent se calme. Faudrait pas qu’il disparaisse non plus, on voudrait bien arriver de jour nous !
La brume s’est estompée mais maintenant… nous sommes sous les grains et sous la pluie ! Çà, c’est de l’arrivée ! Euh, s’il vous plait un petit rayon d’soleil, c’est possible ou bien ? Une bande de dauphins viennent jouer à l’étrave le temps de nous remonter un peu le moral. Ils s’éclatent, il y a encore de la houle, c’est leur terrain de jeu… Nous nous déridons peu à peu.

Les dauphins nous accompagnent pour l’arrivée…

… sur les Bermudes !

A six milles de l’arrivée, le Bermuda Harbour Radio prend contact avec nous après nous avoir repéré grâce à leur super radar. Nous communiquons avec un bonhomme tout cool qui prend la peine de bien articuler chaque mot pour que nous puissions le comprendre. Fallait bien ça après 8 jours de mer et notre anglais toujours aussi minable. Il demande des infos sur le bateau, puis sur notre matériel de sécurité, comme par exemple le numéro de l’EPIRB (balise), le numéro du tel satellite, le numéro Unin… Hein, tu le connais toi, ton numéro Unin ?! Il nous souhaite la bienvenue aux Bermudes et nous demande de le recontacter si problèmes ou si besoin d’info. Aah si tous les officiels étaient partout comme ça…
Nous attaquons maintenant les alignements et le chenal qui mène au lagon de Saint Georges sous une pluie intense et un ciel noir. On se concentre, l’entrée est étroite, faudrait pas la louper, ce serait ballot quoi…

Entrée dans le lagon…

Ensuite, amarrage au ponton des customs et immigration pour des formalités rapides ! Avec un personnel sympatoche en plus. Le bonhomme nous pose les questions habituelles après avoir traduit vocalement chaque phrase sur son Smartphone. Ah que c’est beau la technologie mdrr. Les frais d’entrée aux Bermudes sont de 35$ par personne. Il nous remet un plan de la ville en nous souhaitant également la bienvenue sur l’île. Une rapide course en ville (des clopes, un twix et un steak) et nous rejoignons les autres bateaux au mouillage dans le lagon tout juste quand la nuit s’installe…
Ça y est, nous sommes aux Bermudes ! :)

En plus bref :
8 jours et demi pour faire 815 milles en ligne droite.
Mais en fait, notre route est très loin d’être droite ! Seulement, je suis bien incapable de vous dire combien de milles en plus nous avons fait suite au plantage de l’ordi.
On compte tout de même un total de 290 milles au moteur (58 heures). Estimation de la conso du Volvo : 2,70 L par heure.
Au niveau vent sur le parcours : nous avons eu de 0 à 28 nœuds (sous un méchant grain) et sur 360° ! Nous sommes donc passés par toutes les allures… et en fait, c’est assez sympathique. Ça permet d’éviter la monotonie et les inconvénients d’une trop longue navigation à la même allure.
La mer est restée très correcte sauf le dernier jour.
Nous avons croisé un cargo pratiquement chaque jour. Le plus près est passé à deux milles de nous mais avait déjà modifié sa trajectoire. En fait, c’est assez rassurant de voir qu’il y a du monde qui croise dans cette mer…
Sinon le temps est passé drôlement vite ! Bon ok, sauf la première et la dernière journée, les plus difficiles au niveau des conditions de navigation… Mais dans l’ensemble, ça été une belle traversée malgré de nombreuses nuits à grains (sans pluie !). Si on a les mêmes conditions pour les Açores, ça nous va. On s’est un peu traîné mais notre priorité était surtout d’économiser le bateau et d’arriver en bon état à bon port.
Au niveau p’tits soucis : point d’écoute du foc pété (voile inutilisable pendant la navigation), bitoniau du renvoi bâbord de l’écoute de génois qui voulait se faire la malle (on lui tapait dessus à la manivelle de winch), bitoniau du winch électrique tribord encore cassé (on lui tapait dessus à la manivelle de winch), tuyau d’arrivée de gasoil qui fuitait à la jonction (réparé), pas très bonne réparation de la bordure du génois par la voilerie de Nassau (ça tient mais alors la couture n’a pas été faite avec la voile à plat, bref ça tire dessus et ça donne une mauvaise forme au niveau du bas de la voile), plantage de l’ordi temporaire (le mac a pris le relais en attendant que l’autre se remette), pilote auto qui a décroché une fois (mais là, on n’a pas osé lui taper dessus à la manivelle de winch ;)

Passage du cap

Le vent ayant tourné, la houle aussi, il est temps de reprendre la mer. Pour cela, nous empruntons la passe de la Cucana pas aussi évidente que nous le raconte le bouquin. D’ailleurs, nous l’aurions tenté de nuit la dernière fois (c’était l’option 1 rappelez-vous), et bien il y aurait maintenant l’épave de Renaissance comme balisage ! Normalement, nous devions passer au sud d’une baraque à pêche tout en suivant un certain cap. En fait, notre route passe exactement sur la baraque qui n’est plus, il n’en reste qu’un pieu dangereux dépassant de 10 cm hors de l’eau… Parfait pour déchirer une coque hum.

Pêcheurs (à la voile) dans la passe de la Cucana

En fois en mer, nous nous mettons à la voile toujours sous génois seul, car vent léger et trop derrière pour le moment. Renaissance avance bien sur une mer plus potable que rencontrée ces derniers jours. Je crois voir quelque chose d’inhabituel sur l’eau à quelques centaines de mètres de nous, peut-être une grosse gerbe d’eau… Oui ! Cool ! Ce sont nos premières baleines qui s’éclatent à sauter hors de l’eau ! Il était temps et on espère bien en recroiser (de loin hum) autour des Açores…
A la tombée de la nuit, nous sommes au niveau du premier Cap (la pointe ouest en comporte trois), le Cabo Corrientes. La lune est des nôtres et nous longeons le littoral et ses phares.
Encore une fois plus nous remontons, et plus nous gagnons en confort à bord, la houle passant derrière nous…
Au petit matin, nous doublons le Cabo San Antonio, point le plus à l’ouest de Cuba. Il fait doux, la mer est calme et tout va bien. Encore quelques milles et nous commençons à distinguer quelques constructions sur la côte.
Renaissance suit le balisage menant à « la marina » de Los Morros qui est en fait un simple quai en béton dans un coin complètement perdu. 8h30, des pêcheurs sympathiques attrapent nos amarres et nous voilà donc à présent sur la côte nord de Cuba !
Arrivée du bonhomme très gentil de la guarda, remplissage de la paperasse… Nous souhaitons faire un peu de gasoil et nous mettre au mouillage. Il nous faudra revenir demain au ponton pour récupérer notre despacho avant de partir.
Nous avons poireauté toute la journée à attendre le pompiste qui devait venir à midi. On l’a vu débarquer à 14h pour nous dire qu’il reviendra à 18h… Arf. Bon et bien, nous passerons finalement la nuit au quai ! Nous y faisons la connaissance des pêcheurs avec qui nous discutons un moment et qui nous troquerons discrétos quelques langoustes contre une bouteille de rhum. Leur bateau est un des derniers en bois et leur rafiot très bien entretenu est un papy de 70 ans ! (Les suivants sont en ferro-ciment et les derniers en plastoc). Ils nous racontent leur pêche et offrent à Yoda des espèces de sardines… Mais se marrent devant notre snobinarde qui ne mange que du poisson cuit ! Un autre voilier nous rejoint un peu plus tard au ponton, un vieil américain sorti tout droit d’un vieux film et une italienne, qui ont du se dérouter suite à un problème moteur alors qu’ils partaient des Etats-Unis pour Panama. Ils sont cool et nous bavardons avec plaisir avec eux…
Le soir, nous irons nous balader rapidos au milieu des nonos dans le parc naturel de Gua… et acheter quelques victuailles dans la mini épicerie du port.

La nuit sera agitée. Un petit vent de nord a encore levé un sale clapot et Los Morros est complètement ouvert au nord. Nos deux voiliers sautent et tirent sur leurs amarres contre le gros quai en béton.

Bon, il est temps de récupérer notre despacho et de partir pour trouver un meilleur abri. Une chose est certaine, nous garderons en souvenir la gentillesse de tous les employés de ce mini port du bout du monde…

Renaissance à la marina de Los Morros

Mauvais plans

On le sait ; y’a des jours, vaudrait mieux rester couchés…
Nous quittons de bonne heure et pas de très bonne humeur le mouillage de Caleta Francès devenu très inconfortable.
Aujourd’hui, nous partons pour une longue navigation de 120 milles puisque nous envisageons de contourner directement la pointe ouest de l’île et de rejoindre la marina de Los Morros. Nous partons après un avis météo qui devrait nous garantir des conditions plutôt calmes tout le long de la traversée. Par contre demain soir, arrive une houle de 2m de nord-ouest sur la côte nord de Cuba. Normalement, pas bien grave puisqu’à côté de Los Morros, il y a le Cabo de la Lena, mangrove trou à cyclone dans laquelle nous pourrons nous cacher si besoin… A vrai dire, nous avons beaucoup hésité à patienter ou non le temps que ce petit coup de nord passe. Mais bon, aller ça devrait le faire et si vraiment, ça ne va pas et bien, on fera marche arrière car le mouillage de Maria La Gorda 40 milles avant ne sera pas praticable car il annonce du sud-ouest à son niveau…
La journée se déroule pas trop mal malgré toujours une houle cette fois-ci de sud qui nous embête. Nous ferons près de 45 milles sur la route. En soirée, nous reprenons un grib pour être certains de passer le cap dans de bonnes conditions. L’endroit n’est pas super bien réputé et notre guide Imray nous incite à la prudence. Le Cabo San Antonio fait face à la pointe du Yucatan et entre ces deux bouts de terre, s’écoule le Gulf Stream, un puissant courant (de 2 nœuds jusqu’à 7 !) qui porte au nord en longeant les Etats-Unis. Courant au large, contre-courant côtier annoncé, coin un peu décousu, une mer qui gonfle rapidement sous un vent contraire… Le passage du cap doit donc se faire dans le calme.

Aïe, le fichier grib du soir nous annonce que la houle de nord-ouest arrivera finalement beaucoup plus tôt, en fait en plein quant on y avancera notre quille ! Pas vraiment de vent annoncé, juste ça… La question du coup, est de savoir si voui ou non, ce sont toujours des conditions clémentes. Gros doute n°2 !

Merdouille !

Le passage du cap se fera de nuit et j’avoue que ces nouvelles prévisions ne nous enchantent guère. Nous pesons le pour et le contre, et finalement prenons la résolution de ne pas continuer. En ayant eu ce dernier fichier météo avant de partir ce matin, c’est simple nous ne serions pas partis. Le fait que nous soyons déjà en route et que nous ayons déjà parcouru tant de milles (pour rien) doit il peser dans la balance ? Assurément non.
L’idée de nous dérouter fait baisser un peu le stress qui s’était installé à bord. Peut-être que finalement le passage du cap se serait bien passé. Oui mais si ça n’était pas le cas ? Grosse houle poussant sur la terre, probablement rien qu’au moteur, bof… En même temps 2m ce n’est pas énorme énorme, mais c’est tout de même 3 fois plus que ce qu’on a d’habitude sur les fichiers météo !
Alors bonne résolution ? Excès de prudence ? Sagesse ? Trouille sans réel fondement ?
Bon aller on arrête de réfléchir, tachons maintenant de trouver un endroit ou nous poser pour la nuit ou plutôt pour ce qui va en rester… et surtout facile d’accès !
Maria La Gorda impraticable car trop ouvert + fond de corail.
Donc seule escale possible à plusieurs dizaines de milles sur les cayos de San Felipe. Un mouillage au sud derrière deux belles patates de corail affleurantes, fond irrégulier et à proximité de roches, bof surtout par houle de sud. Donc mouillage au nord de ces cayes en passant derrière la barrière de corail. Pour y arriver, option 1) la passe la plus courte, non balisée, soit disant avec 2.2m de profondeur au minimum, option 2) qui nous rajoute 15 milles de route en contournant tout le récif par l’ouest mais qui nous place en eau saine avec un minimum de 5m d’eau…

Bref, nous voilà repartis pour 45 milles en faisant le grand tour et en tablant sur la sécurité car une arrivée en pleine nuit est à prévoir ! Heure d’arrivée estimée : 5h du mat’ arf. Inutile de dire combien ça nous fait chier de faire autant de route et d’en avoir fait un max pour rien, qu’on s’en veut d’être parti, et surtout d’avoir attendu le soir pour reprendre un grib… Conneries ! Nous aurions du attendre patiemment…
L’air est chargé et nous faisons cap au nord droit sur les éclairs qui zèbrent le ciel un peu plus loin. Sympa. La lune tarde et la fraîcheur nocturne nous gagne.
Arrivée donc vers les 4h30 au nord de Cayo San Juan, inhabité donc aussi noir que la nuit. Prudemment, nous nous sommes avancés en vérifiant que la terre était bel et bien au bon endroit sur le radar, OpenCpn étant un peu à la ramasse… Et enfin, avons balancé l’ancre dans 3m d’eau. Marche arrière plein pot ; nous sommes crochés ! Au lit ! Demain est un autre jour…

Route d’aujourd’hui, détour…

Le lendemain, nous émergeons vers midi un peu patraques. Nous sommes mouillés au milieu de pas grand chose, à très bonne distance et au nord d’une caye à mangrove. Il n’y a pas un souffle d’air, il fait une chaleur à crever. D’énormes nuages noirs nous passent au dessus de la tête et nous apercevons quelque chose qui se déplace sur l’eau. Rooh la poisse ! C’est une trombe marine (tornade sur l’eau) qui est à 1 ou 2 milles de nous mais qui heureusement s’éloigne et qui semble aussi s’éteindre… Cool le coin !

Oui, on n’y voit pas grand chose sur ma photo, la trombe est loin et en fin de vie.
Dans le ciel, le trait blanc est le haut du « tube »
Sinon, ça ressemble à ça !

Journée glandouille et baignade, JR en profite pour nettoyer l’hélice et la coque de Renaissance au milieu de mini méduses non urticantes. A son retour, je le coince pour une coupe de cheveux largement méritée et prévue depuis… des mois ! Adieu tes vieilles dreads pourries ! :) Plus tard dans l’après-midi, un second voilier viendra nous rejoindre au mouillage. Nous serons donc deux à nous faire brasser la nuit suivante à cause du fort clapot levé par un vent de nord plus fort que prévu…