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Mouillage Enseada de Belixe, tout au sud-ouest européen

Après être passés au bureau de la marina pour leur rendre le badge, nous sommes partis hier de Vilamoura aux alentours de 10h. La mer était pratiquement plate. Tout comme la veille, il n’y avait pas assez de vent pour sortir les voiles, c’est donc au moteur que s’est faite toute la traversée.

Nous avons mis 6h30 pour faire les 45 milles qui séparaient le port du Cap San Vincente, aidés par quelques nœuds de courant. Le temps est passé relativement vite.
A l’est de Portimao, la côte est plutôt jolie car on trouve de petites falaises très découpées et séparées par quelques plages. Notre bouquin ne nous donne aucune information là-dessus mais ce doit être un bon coin pour caboter et pour flâner un peu.

Alors que nous arrivions à destination, de nombreux dauphins sont venus jouer avec nous à l’étrave du voilier et ont disparus aussi sec à l’approche d’un filet à poiscailles du coin.


Devant nous, le Cap San Vincente et la Ponta de Sagres se rapprochaient. Ce sont deux promontoires très impressionnants, sauvages et qui sont situés tout à l’extrémité sud-ouest du Portugal. Comme bien souvent au niveau d’un cap, la houle s’est alors légèrement amplifiée mais ce ne fut en rien problématique. Nous avons passé les premières zones de mouillage (Enseada de Sagres et la baie de Baleeira) en souhaitant voir s’il était possible de mouiller au niveau du Cap même. La mer était un peu sans dessus dessous mais une fois dans la dernière baie, les vagues se sont amoindries.

Les énormes bancs de poiscailles de la baie !

Nous avons jeté l’ancre dans la partie ouest de l’Enseada de Belixe, juste au pied d’un vieux fort dans une petite crique. Toute la baie est déserte, formée de hautes falaises et elle est vraiment spectaculaire. Derrière nous se trouve une petite plage où il est possible de débarquer en annexe.

Aucune houle n’est venue nous embêter jusqu’au petit matin. Et il va sans dire que nous étions les seuls à dormir dans cette énorme baie… Tranquilles certes ! Mais peu rassurant quand même.

Oui, Renaissance aurait bien aimé avoir un copain pas très loin… :)

Vilamoura

7h30, Jean-Rémy abandonne Cyril sur un quai à Faro.

8h, l’annexe est dégonflée et pliée, le voilier est rangé ; nous sommes prêts à décoller.

Renaissance quitte ses congénères encore endormis au mouillage et s’éloigne doucement de Faro. Le chenal n’est alors pas du tout dessiné, nous sommes en effet partis une heure après la pleine mer. Ainsi, nous avons bénéficié d’un à quatre nœuds de courant nous poussant vers la sortie. Encore trois bouées vertes, trois bouées rouges et la mer est devant. Et quelle mer !

Encore dans le chenal, nous apercevons déjà les vagues un peu plus loin, grosses et coiffées de leur crêtes toutes blanches. Ça remue sec à l’entrée ! Une sacrée houle croisée nous accueille. On n’en mène pas large mais nous sommes tous les deux rassurés d’être dans le bon sens ! Hum, pas comme ce voilier espagnol qui s’en est pris plein la figure sans arriver à progresser dans le chenal…

A plus de huit nœuds, nous nous sommes vite écartés de Faro.

C’était sympa comme expérience mais bon, comme tout bon marais qui se respecte, l’eau y est bien trouble et contient une quantité impressionnante de saloperies. Herbes flottantes, morceaux de bois, petites bébêtes… se feront une joie de venir visiter les filtres moteur !

Voilà donc le capitaine qui commence à s’agiter à la poupe du voilier et qui semble tracassé. Petit soucy ? En effet, le moteur ne crache pratiquement plus d’eau. Après un coup d’œil à la machinerie (roue à aube…), nous décidons de nous dérouter sur le port le plus proche. Nous avions initialement prévu de parcourir aujourd’hui 60 milles afin d’atteindre le Cap San Vincente en début de soirée. Finalement donc, nous n’en ferons que 20 et nous atterrissons au port de Vilamoura.

Escale nécessaire pour le moteur, et puis… Nous ne saurions pas arrivés au niveau du Cap avant la nuit car descendre le chenal de Faro nous a pris plus de temps qu’escompté. Egalement, nous n’avons toujours plus d’eau dans le réservoir et puis il faudrait aussi faire le plein de gasoil. Bref, pleins de bonnes raisons de nous arrêter à ce moment-là.

Vilamoura est une grande marina tout confort et possède un côté très bourgeois. Elle serait également la plus ancienne de tout le sud-ouest de la péninsule ibérique. On ne dirait pas si on regarde tous les équipements proposés : grande réception climatisée, badges magnétiques (qui ouvrent en autres les deux laveries du port), grandes portes en verre qui s’ouvrent toutes seules au bout des pontons… On mettra d’ailleurs un moment à comprendre comment sortir de cette prison de verre mdrr :) L’accueil est génial. Le gros bonhomme derrière son comptoir est d’une gentillesse sans égal et parle au moins anglais, français, espagnol… en plus du portugais, ça va de soit ! Des catways (ah l’atlantique !), de l’eau et de l’électricité qui fonctionnent en même temps (ça faisait longtemps), wifi gratos qui marche…

L’après-midi se passera tout tranquillement et le moteur ronronne de nouveau normalement. On se baladera un peu, on se reposera beaucoup en savourant une glace pour finir en début de soirée par laver tout le bateau qui l’avait bien mérité.

Vilamoura, c’est donc 60 euros pour une escale sans soucis, pour un port au top, pour une ville très touristique et pour une débauche apparente de sous et de grosses voitures…

Voilà Renaissance tout beau, tout propre donc tout prêt pour la suite ! :)

Petit clown… :)

Mouillage canal de Faro, dans la marre

Après une nuit tranquille et un réveil sur une mer parfaitement lisse, nous avons pris aujourd’hui la direction de Faro, promontoire situé le plus au sud du Portugal. A cet endroit, la côte est formée de grandes lagunes sujettes aux marées, qui apparaissent alors comme un ensemble de canaux, de petites îles, de marais et de plages de sable doré… Cela forme le Parc Naturel de la Ria Formosa, havre de paix pour toutes sortes d’oiseaux qui couvre près de 18 000 hectares.

Les 90 milles qui séparent Conil de Faro se sont globalement bien passés (Oh ! On a vu des tortues !)… jusqu’à ce qu’une vedette de la Guardia Civil s’approche de nous ! Pas d’abordage, pas de contrôle de papiers juste quelques questions par-ci par-là histoire de savoir qui on était, d’où on venait et qu’est-ce-qu’on-fabriquait… Mais ! Ils sont repartis en nous laissant cette petite phrase : « Le temps bientôt très mauvais devant ». Oula, hop petit stress ! Pas envie de se refaire balloter dans tous les sens comme la nav’ qui nous a conduit à Gibraltar… Mince, le mauvais temps avec gros vent aurait-il un bon jour d’avance ? Impossible de vérifier leurs dires, on ne capte pas ici. Alors on range tout, on va s’habiller plus chaudement, on sort les vestes de quarts et les gilets, on range les voiles et moteur droit sur Faro… Le vent de NW s’est levé jusqu’à 23 noeuds et était accompagné de houle, tous deux nous venaient en pleine face !

Enfin, le voilier est arrivé au niveau du Cabo de Santa Maria vers 3h30 du matin. Ne voulant pas tenter une entrée imprudente de nuit dans le labyrinthe des canaux menant à Faro, nous avons mouillé à l’est du brise-lame qui nous protégeait efficacement du vent et de la mer.

Petite nuit et réveil juste avant que la marée ne grimpe afin d’en profiter pour remonter les petits cours d’eau. En fait, il y a normalement assez d’eau pour y rentrer à n’importe quelle heure.
Le véritable souci n’est pas la profondeur mais plutôt les courants ! Le bouquin annonce par exemple plus de 7 noeuds de courant dans l’entrée en vive-eau… Hum.

Renaissance a remonté le chenal sans difficultés puisqu’il est relativement bien balisé. Nous avons ensuite mouillé tout au bout dans une petite zone d’ancrage avec environ 4 mètres de profondeur.

Ca fait tout bizarre de voir que les grandes étendues d’herbes présentes à notre arrivée ont carrément disparues sous l’eau à marée haute ! Cette zone protégée nous permettra d’apercevoir des cicognes, des sternes et d’autres piafs inconnus. Une quantité impressionnante de mouches est également venue nous saluer !

Faro et son aéroport sont tout proches. Les avions passent près et nous les voyons atterrir. Demain, Cyril nous quittera, en prendra un et repartira vers Paris…

Nous continuerons donc à deux notre petit bout de chemin vers le Cap San Vicente puis vers la Galice…

Pour de nouvelles aventures on espère !?