Archives du mois de février, 2014

A Savannah Bay

Nous venons de passer deux jours cachés derrière Prickly Pear Island à attendre que les alizés s’essoufflent un peu. Vent de 20-25 nœuds avec plein de grains à n’en plus finir. Le ciel est régulièrement dégueu et le temps morose incite à ne rien faire. Un vrai temps de pauchon de cochons !

Mais bon, faut s’bouger. Nous avons l’obligation de nous mettre en règle et de déclarer notre entrée. Sur Virgin Gorda, on peut effectuer ses formalités à Spanish Town, ainsi qu’à Gun Creek dans la baie de Gorda Sound où nous sommes. Nous relevons l’ancre pour aller mouiller à proximité de Creek village. Comme cette baie est petite et ouverte plein Est, je reste à bord en surveillant la tenue de l’ancre pendant que JR prépare son plus bel anglais et se dévoue pour aller à la rencontre des customs & immigration. Une heure plus tard, il revient avec le précieux sésame en pestant contre les deux nanas pas très sympathiques à qui il a eu affaire. Prix des formalités aux BVI : 19 $US. Bonne nouvelle, je m’attendais à pire !

Surprise, nous avons revu le gentil couple d’allemands que nous avions rencontré à Madère il y a un an et demi. Depuis on se croise de temps en temps. Marrant de voir comme on se suit. A Marigot, c’est un bateau avec qui nous étions ensemble en Galice qui était mouillé juste devant nous. En fait, il y a certains voiliers qu’on retrouve tout le temps…

Après ça, nous sommes retournés vers Prickly Pear pour mouiller à côté de Vixen Point où nous avons bénéficié d’une connexion Internet gratuite nommée « Wifi for boats ». Magnifique, autant dire qu’on apprécie grandement cette délicate attention :)

Le lendemain, Renaissance est de nouveau en route sous génois seul pour rejoindre le mouillage de Savannah Bay. L’entrée n’est pas balisée, il faut contourner une barrière de corail mais cela se fait relativement bien avec le soleil suffisamment haut. Par contre, gare aux patates derrière !

Cette baie est très jolie et peu fréquentée. Renaissance y était seul… le pied !

Balade sur la plage et baignade dans le corail… Quelques jolies choses au fond de l’eau mais dommage que le gros banc du centre soit en grosse partie mort. Heureusement, on aperçoit déjà quelques repousses…

Ce soir, nous nous coucherons tôt ! Je suis en train de motiver JR pour qu’on se lève demain à 6h afin d’arriver dans les premiers sur LE site hyper touristique des Iles Vierges ! J’ai nommé : les Baths !

Je disais gare aux patates !

On a touché la Grosse Vierge

:) Ok, c’est pas très jojo comme titre mais c’est pourtant ça ; nous venons tout juste d’atterrir sur Virgin Gorda ! C’est la toute première île au nord des BVI (British Virgin Islands) et donc notre objectif en partant ce matin de Saint Martin.

Nous avons quitté l’île française avec seulement 15 minutes de retard sur notre timing, ce qui est plutôt pas mal ! Oh je pourrais même pousser jusqu’à dire que nous sommes fiers de nous ! 5h15, nous quittions Marigot et nous nous élancions sur les flots. On s’est grave pelé les miches pendant une heure et demi jusqu’à ce qu’enfin le soleil veuille bien se bouger. Aux Antilles, on claquait des dents c’est dire… Ensuite, au fil de la journée, bah on s’est plaint et re plaint qu’il faisait… trop chaud ! Comment ça jamais satisfaits ? Mais non, mais c’est à cause de la loi du tout ou rien. On aimerait juste un peu de modération c’est tout ! :) Nous avions l’air de deux nomades du désert la tête et le buste emmaillotés dans des tissus et des foulards pour nous protéger de l’astre solaire. Bon quoi qu’il en soit, nous avons eu beau temps et belle (moyenne) mer tout le long du chemin.

Grouille toi !

Miracle, un seul mini grain a croisé notre route. Un truc, ridicule de superficie, mais qui nous a envoyé deux trois belles rafales et quatre gouttes de pluie… Un peu de ¾ arrière et beaucoup de ciseau ! Avec un génois sur un super enrouleur, le tangon est tout de même bien plus facile à gérer. Notre vitesse sur l’eau était bonne : 6,70 de moyenne. Du coup, sommes arrivés un peu plus tôt que prévu et nous n’avons pas pu nous empêcher de penser qu’on aurait pu dormir une heure de plus raa ! Mais bon à trop tirer sur la corde…

Vers les 17h, Renaissance s’avançait dans le chenal d’entrée de Gorda Sound, très grande échancrure au nord de Virgin Gorda. Crevés, nous n’avons pas été bien loin et avons mouillé directement derrière le petit relief de Prickly Pear Island par 3 à 4m de fond.

Bienvenue aux Iles Vierges ! Pour vous dresser le tableau, les BVI sont un petit archipel composé d’une cinquantaine d’îles et îlots avec un peu de volume et de nombreuses petites criques pour y poser son ancre. On dit que les Vierges sont aux Américains ce que sont les Grenadines aux européens, mais en plus compact et en plus sec ! Un joli bassin de navigation où on peut trouver un abri tous les 3 à 4 milles, parfait ! Soucy, le nombre de bateaux de loc’ au mille carré dépasse largement tout ce qu’on a pu voir auparavant ! Des centaines de voiliers gravitent autour de ces îles et bizness’ oblige, nombre de mouillages sont maintenant remplis de bouées payantes et bien évidemment, elles occupent souvent les meilleures places.

Je pense donc que notre séjour aux BVI va consister à tenter de trouver de jolis petits coins pas trop fréquentés par les bateaux de loc et où l’ancrage est encore possible !

C’est parti pour une petite semaine à profiter de ces eaux…

Mouillage à Prickly Pear

Saint Martin, missions accomplies

Ça y est, l’enrouleur est en place ! Même pas une petite demi journée n’aura été nécessaire à JR pour l’assembler et le monter. Nous avons du prendre une place au port pour faciliter le travail et pour bénéficier d’une zone dégagée afin d’étendre l’étai au sol. Le génois est également à poste même si nous avons un petit peu bataillé pour le hisser. En effet, la ralingue passait limite dans le rail… C’était juste, on a eu un bon coup de chaud en pensant ne pas y arriver mais finalement tout est ok ! :)

Nous avons aussi acheté une grosse recharge d’unités pour le téléphone Iridium et là autant dire que ça vaut vraiment le coup ! Nous avons bénéficié d’une bonne remise par rapport au même produit acheté en France, pratiquement 200 euros d’écart ! Oui, Saint Martin, c’est le bon plan pour préparer son bateau. Du moins dans les environs… sinon ça reste encore et toujours Internet ! Notre nouveau numéro est dispo dans la page contact si vous n’avez pas reçu mon super mail. :) Pour les initiés, on ne passe plus par Skyfile mais par Speedmail et c’est le magasin (Budget) qui se charge lui-même de vous l’installer sur l’ordi. Ché pas trop c’est quoi la différence, mais paraît qu’c’est mieux. On leur fait confiance, pour nous, tant qu’ça fonctionne…

Voilà, sinon pour l’avitaillement, on trouve son bonheur chez Auchan qui s’appelle ici US Import (?) près du pont avec dinghy dock tout à côté. Une laverie en self-service crado est située juste en face. Tout est pratique !

Sinon on n’aura pas vu grand chose de l’île… Toute façon, je ne sais pas s’il y a réellement quelque chose à voir en dehors des boutiques et des magasins de change. Paraîtrait que Grand-Case, petite station balnéaire au nord, est plus sympa…

L’heure est au départ. Lorsque nous avons fait notre clearance de sortie, la marina nous a fait cadeau d’une nuit, c’est gentil et on les remercie !

Petit stress pour sortir de notre place de port, car cul sur bouée et vent qui nous rabattait sur le voisin, mais Ras, nous étions à l’heure pour l’ouverture du pont. D’ailleurs, nous l’avons franchi en vestes de quart car un gros grain venait de nous arroser copieusement. Nous avons retrouvé la baie de Marigot et avons remouillé l’ancre à peu près au même endroit qu’à notre arrivée.

Le lendemain, mini navigation test pour tirer quelques bords avec notre génois sur enrouleur. Tout est clean, nous pouvons enfin nous dé scotcher de Saint Martin et continuer notre bout de chemin…

Pour rejoindre les Iles Vierges Britanniques, il faut tabler sur 80 milles. Nous avons le choix de partir en soirée et naviguer de nuit, ou de partir très tôt au petit matin. Le temps n’étant pas franchement sympathique en ce moment, nous prévoyons donc de partir vers les 5h et de naviguer au grand jour…

On table sur 6 nœuds de moyenne donc demain 18h, normalement nous serons chez les british…

Ensuite, grosses grosses interrogations ! Notre future route n’est toujours pas claire dans notre esprit… Un jour c’est pile, le lendemain c’est face !
Sud ou nord de la République Dominicaine ? Sud.
Stop à Haïti alors ? Pourquoi pas.
Comment prendre Cuba ? La logique, le vent et les courants veulent que l’on navigue dans le sens des aiguilles d’une montre.
Alors le Sud ? Plus abrité avec de nombreux mouillages isolés mais… très (trop ?) long ! Près de 500 milles de côte ! Cabotage ou course contre la montre en trois petites semaines ?
Ou nord ? Plus difficile, côte au vent, moins sympa, Marine de Guerre partout face au grand géant, mais… pas obligé de se taper tout le chemin et hop direct sur les Bahamas !
Moitié moitié alors ?
Remonter Cuba par la pointe Est (plus difficile mais plus rapide) ou par la pointe Ouest (plus facile mais beaucoup plus éloignée, et la Havane…) ?
Si on a le temps on fait le Sud, sinon le nord !
Oui mais si on fait le nord de Cuba, on ne devrait pas faire le sud de la République Dominicaine ! Mais plutôt le nord aussi pour ne pas avoir à remonter le Windward passage… En plus là-haut, il y a les baleines !
Donc si on fait le nord, faut passer aussi au nord de Puerto Rico juste après les Iles Vierges ? Je croyais qu’on avait dit qu’on faisait les Vierges sud… C’est pareil !
Bahamas à 300 $ le visa, Bahamas discrets ou pas de Bahamas du tout ?
Euh quoi 5000 milles en 5 mois t’es sûr !? Eurk, on va s’en dégoûter là… non ?
Faut s’décider c’est demain les Vierges !
Off, on verra quand on y sera ! Ok mais oouu ?
Hein ?!

Nouvelle barquette !

Je ne vous ai pas encore présenté celle qui nous accompagne désormais tous les jours, celle sur qui nous pouvons à présent compter, celle qui a remplacé notre piscine flottante orange fluo toujours pleine d’eau…

Pour reprendre un peu l’histoire, notre grande annexe blanche en PVC vendue avec le bateau a cramé et s’est complètement décollée de partout. Dessus, dessous, entre les feuillets… Irréparable, nous nous en sommes donc séparés.
Notre seconde et petite annexe de 25 ans arrive en fin de vie malgré plusieurs tentatives pour la faire encore tenir. Le plastique est cramé et décoloré mais surtout, elle prend l’eau à la jonction du tableau arrière. Endroit pas pratique et rafistolages toujours très temporaires.

Après plusieurs jours à avoir peser les pour et les contre, nous avons fini par craquer pour un nouveau joujou et nous sommes maintenant les heureux propriétaires d’une petite Walker Bay !

Notre nouvelle annexe !

Ses avantages sont multiples.
Légère, une trentaine de kg la bête…
Petite, 2m50, format idéal pour nous. Elle existe aussi en plus grande.
Rigide ! Avec elle, on ne craint plus les crevaisons, ni les arrivées un peu trop sportives sur des plages inhospitalières, ni les gros quais en béton aux coquillages pas franchement accueillants…
Oh pas délicate, elle en a dans le bide ! :)
Étanche ! Alors là, c’est la grande révolution pour nous ! Fini les pieds et le cul mouillés…
Un détail peut-être… mais on la trouve esthétique ! Toujours plus qu’une boudinée :)
Son prix est abordable (prix d’une PVC bas de gamme en France) pour une garantie de 10 ans…
Hydrodynamique ! Elle avance drôlement bien à la rame, rien à voir avec les gonflables ! Cool, ça va nous faire un peu de sport en perspective…
Bien pensée, la Walker Bay a été prévue pour être gréée. On peut rajouter un kit voile avec safran et dérive, l’éclate ! Tout est déjà préconçu mais seul hic pour le moment, le prix du kit… Qu’à cela n’tienne, JR pense déjà à se le faire maison et élabore ses plans… Haha j’attends voir ! :)
Des boudins protecteurs et stabilisants peuvent également être rajoutés !
Ce n’est pas sa vocation, mais à l’occas’, peut servir de récupérateur d’eau de pluie…

D’un autre côté,
Rigide donc faut pouvoir stocker la chose ! Pour nous, pas de souci. Elle rentre retournée sur la plage arrière mais encombre tout de même le pont lors de grandes navigations… Le mieux serait évidemment sur bossoirs.
Hum, on peut dire qu’elle est très très légèrement instable. En tout cas moins stable que les autres ! Ça tangue, ça gite, ça roule et oui c’est une petite coque ! Ainsi, faut prendre le coup pour embarquer et savoir que ça peut se retourner ! :)
Son côté rigide ajouté à la délicatesse légendaire de JR ne vont pas certainement pas améliorer l’état de la coque de Renaissance :) Mini pare-battages ou système D à prévoir !
Quid du remontage dans l’annexe une fois que nous sommes tous les deux dans l’eau ?

Edit 1 semaine après : JR remonte bien tout seul, moi pas encore testé !

Test remontage ! Ça le fait !

Quid de la balade en Walker Bay dans du gros clapot et par 20 nœuds de vent ?

Bref, une prise en main et de sacrées bonnes rigolades en perspective !

Edit : Je ne pensais pas si bien dire… En sortant du lagon, nous avons voulu faire de l’essence au fueldock mais il nous fallait revenir quelques minutes plus tard car tous les bateaux n’étaient pas encore passés. Tous les pare-battages et les amarres étant du même côté et après avoir patienté, nous y sommes revenus en nous présentant en marche arrière… Game over mdrr ! Leçon du jour, non, on ne fait pas marche arrière avec une Walker Bay au cul et du clapot ! Ni une, ni deux la Walker Bay s’est remplie d’eau et a lamentablement chaviré ! Bref, refroidis par la manœuvre, nous avons renoncé à faire ainsi du carburant et avons préféré aller mouiller discrètement avec notre annexe retournée au cul. Tous les bateaux passant se fendaient la poire en pointant du doigt notre carapace de tortue qui péniblement flottait à la surface… On s’est bien marré mais heureusement que le ridicule ne tue pas hein… :)

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • walker bay 10 bossoirs